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Le parc locatif privé est de plus en plus fragilisé
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Christophe Tanay, président de l’UNIS (Union des syndicats de l’immobilier) : « Tous les signaux qui ont été lancés au cours de ces dernières années visaient à taper sur la tête des propriétaires bailleurs. »
L’UNIS (Union des syndicats de l’immobilier) tire la sonnette d’alarme en se basant sur la dernière étude de l’observatoire Clameur : le parc locatif privé est de plus en plus fragilisé. En effet, les loyers du secteur privé baissent, presque partout, depuis de nombreuses années, l’activité recule sur tous les marchés et l’effort d’entretien et d’amélioration des bailleurs continue de se réduire. Pourtant, l’UNIS rappelle que le parc privé reste un parc social de fait. Christophe Tanay, président de l’UNIS, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : D’abord, que représente l’UNIS dans l’univers des professionnels de l’immobilier ?
Christophe Tanay : L’UNIS représente la fusion de trois syndicats en 2009. Dans notre ADN, il y a beaucoup de professionnels de l’administration de biens, puisque nos adhérents gèrent à peu près la moitié du parc locatif privé. Nous sommes également le premier syndicat chez les syndics de copropriétés, ainsi que chez les promoteurs-rénovateurs, que l’on appelait encore les marchands de biens jusqu’à une époque récente. Plus récemment, nous avons été le premier syndicat à faire entrer les réseaux d’agents mandataires comme Digit Re Group, CapiFrance, OmtimHome, MegAgence et Safti.
Dans votre dernière étude, vous expliquez que le parc locatif privé est en train de fondre et perd son attractivité auprès des investisseurs. Est-ce une sonnette d’alarme que vous tirez ?
Oui. Tous les signaux qui ont été lancés au cours de ces dernières années visaient à taper sur la tête des propriétaires bailleurs et les derniers messages du président de la République ne sont pas positifs : comme ce qualificatif de rentiers, ou le fait de demander aux bailleurs de baisser leurs loyers de cinq euros, alors que l’étude Clameur confirme que les loyers ont baissé depuis deux ou trois ans... Donc, cela fait largement plus de cinq euros par mois qui ont été perdus ! C’est le côté négatif. Même à Paris, quand l’encadrement des loyers est apparu en 2014 et en 2015, déjà les loyers étaient en phase baissière. Donc, c’est un phénomène de marché et il n’y a pas besoin de mesures législatives, puisque le marché se régule. Quand le gouvernement communique en expliquant que l’encadrement des loyers fait baisser les loyers, c’est faux : cela avait déjà commencé avant.
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