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Gros plan sur les États généraux de l’alimentation
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Richard Ramos, député MoDem du Loiret : « On a fabriqué une génération de consommateurs qui achètent du prix. »
Emmanuel Macron a annoncé en juin dernier la tenue des États généraux de l’alimentation qui se déroulent en ce moment à l’Assemblée nationale. L’objectif est de relancer la création de valeur, assurer une équitable répartition entre tous les acteurs, permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, accompagner la transformation des modèles de production et promouvoir des choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable. Lors des auditions, Maxence Bigard, représentant le leader européen sur le marché de la transformation de la viande bovine, s’est fermé à toute coopération avec les parlementaires : le patron du groupe Bigard n’a pas voulu jouer la transparence sur ses méthodes d’approvisionnement et sur ses marges, et il a même reconnu ne pas publier ses comptes… Le coup de gueule de Richard Ramos, député MoDem du Loiret, a été largement médiatisé. Il a qualifié cette audition « d’outrance à la représentation nationale ». Cet ancien chroniqueur gastronomique répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes furieux de l’attitude de Maxence Bigard à l’Assemblée nationale et vous avez marqué votre indignation d’une manière courtoise mais ferme à son égard…
Richard Ramos : Quand un chef d’entreprise est auditionné par le Parlement, il est devant la représentation nationale. Nous ne sommes que les représentants du peuple français et, lorsqu’un chef d’entreprise refuse d’appliquer la loi dans l’enceinte du Parlement, je pense qu’avec courtoisie et fermeté il faut lui rappeler les règles. L’enjeu est très important, puisque le groupe Bigard est le leader mondial de la viande, et nous avons sur ce sujet un paysan sur deux qui gagne moins de 350 euros par mois !
Vous avez dénoncé la non-publication des comptes du groupe Bigard. Comprenez-vous que de nombreuses entreprises préfèrent payer des amendes plutôt que de publier leurs comptes, parce qu’elles opèrent dans des secteurs stratégiques ou concurrentiels ? Le comportement de Maxime Bigard, hostile à toute explication, va-t-il inciter le législateur à se montrer plus ferme sur ce sujet ?
Votre question est très importante. Nous allons essayer de changer la loi et nous allons faire en sorte que la loi permette la publication des comptes. La publication des comptes permet à l’État de savoir les marges entre la filière, le producteur, le paysan, le transformateur, le distributeur et le consommateur. La question de ces États généraux de l’alimentation est de savoir comment on répartit la marge sur l’ensemble des acteurs. Si l’on ne connaît pas les comptes des uns et des autres, on ne pourra pas connaître la marge et mieux l’équilibrer. Donc, il faut que la loi permette à l’État, notamment à l’Observatoire des prix et des marges, de connaître la marge de l’entreprise afin que nous puissions la rééquilibrer sur l’ensemble de la filière. Évidemment, il est important que cette marge ne soit pas connue dans le détail par les concurrents étrangers, ce qui leur permettrait d’avoir une analyse fine pour concurrencer nos entreprises françaises. Tout l’enjeu de la loi, c’est que l’État et les services de l’État puissent travailler sur ce sujet sans concurrence venue de l’étranger. Quant à la sanction, pour 1500 euros, un grand groupe ne publie pas ses comptes… Monsieur Maxence Bigard a l’air très jeune, je ne sais pas s’il mange encore des sucettes mais, pour lui, c’est une demi-journée de Chupa Chups ! Cela ne représente rien. Donc, il faut des sanctions pénales.
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