Dans le budget de 2018, il y aura à boire et à manger.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 septembre 2017 (numéro 909) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Macron-Philippe : c’est la veine des débutants ! Le socle électoral du président élu en mai 2017 n’est pas très élevé, puisqu’il n’a reçu que de 24 % des suffrages au premier tour, dont les deux tiers ont voté pour lui « par défaut ». Très logiquement, malgré une abstention massive qui rend l’Assemblée nationale moins légitime que jamais, une majorité démocratique légale et législative lui a été donnée lors de l’élection qui a suivi, en juin, avec plus de 300 députés pour « La République en Marche» (LREM), parti de casting, de bric et de broc, mais qui vote comme un seul homme les textes qui lui sont proposés, du moins pour le moment. Contrairement à ce que Mélenchon peut dire et certainement espérer, il n’y a pas de raison pour que la législature soit écourtée, les députés seront disciplinés tant qu’il y aura des sondagesmodestes, car ils savent très bien la précarité de leur job. En cas de dissolution, il serait invraisemblable que LREM récupère une majorité absolue. Même si la quarantaine d’élus MoDem et la trentaine d’élus ex-Les Républicains « constructifs » va râler, de loin en loin, cela conforte également la majorité parlementaire, du coup, si le gouvernement veut faire des réformes, il les fera. La grande question est de savoir quelle sera l’ampleur de ces réformes, quel sera le courage du gouvernement conduit par Edouard Philippe et où les manettes de l’Economie ont été données à deux ministres issus de la droite, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.
Baisse des dépenses? Petite vitesse, grande lenteur.
On a l’impression que dans le cadre de la révision des dépenses publiques, on avance à petits pas. Si l’on avait voulu revenir au même tarif moyen de subventionnement du logement qu’en l’an 2000, il aurait fallu non pas baisser de 5 euros par mois les APL (Aides Personnalisées au Logement), mais de réduire de 70 euros ces allocations. On y va à la manière Hollande, les hausses d’impôts en moins, car actuellement, on essaie d’habiller les hausses d’impôts d’un vernis écologiste, comme avec la taxation supplémentaire du gazole carburant, avec l’arrivée du malus à des niveaux de pollution de plus en plus faibles, et avec la mise en place d’une « transition énergétique », qui passera par une hausse significative de la fiscalité afférente sur la consommation d’énergie. Le président et son gouvernement ont ce que l’on appelle une « chance du débutant ». De là à parler de baraka, je n’irai pas si loin, mais il faut convenir que là où on estimait que la croissance économique serait de plus 1,5 % en France sur l’année 2017, la prévision moyenne est actuellement à plus 1,7 % et il n’est pas impossible, si l’année se termine correctement notamment en ce qui concerne les entrées de touristes et leurs dépenses en France, que l’on soit entre plus 1,8 et 1,9 %. Cela ne vous paraîtra pas grand-chose, mais passer de plus 1,5 % à plus 1,8 % pour le PIB n’est pas du tout à négliger car il y a création d’emplois en nombre conséquent, baisse naturelle des dépenses sociales au titre notamment de l’indemnisation du chômage ou des emplois fictifs « aidés », et, par ailleurs, il y a une hausse naturelle des recettes fiscales. Quand la masse salariale augmente, cela dope les rentrées de cotisations comme les rentrées au titre des impôts sur les revenus. Il y a eu également un très bon comportement des marchés financiers, qui dope les rentrées au titre de l’impôt sur les plus-values, il y a, ne l’oublions pas, une hausse des dividendes, ce qui, même de façon marginale, renforce le pouvoir d’achat de la petite minorité de salariés-actionnaires et d’actionnaires individuels.
Une conjoncture porteuse.
Selon mes pointages et mes estimations, le déficit public se situera entre 2,7 et 2,9 % du PIB dans les comptes au 31 décembre 2017, et il aurait été même possible de ne pas supprimer les 800 millions d’euros de crédits à l’armée nécessaires pour les opérations extérieures. Les collectivités locales commencent à se responsabiliser en ce qui concerne la gestion de leurs effectifs, ce qui est plutôt un bon signe, et cela contraste avec ce qui a été l’évolution sous la période Hollande, du fait des pseudo-emplois aidés, avec un Etat qui a augmenté ses effectifs de presque 29.000 unités entre 2012 et 2017, récupérant sans compter les missions confiées à des entreprises extérieures, raugmentant les dépenses de personnels alors qu’elles avaient été contenues sous le mandat de Nicolas Sarközy. Un certain nombre de mesures permettant de réduire les dépenses publiques ont été prises, discrètement, comme notamment la liberté redonnée aux communes pour l’organisation des rythmes scolaires, ce qui a permis à 44 % des communes de revenir à la semaine des quatre jours, ce qui va permettre, outre de redonner une liberté totale le mercredi pour les activités sportives ou pour l’enseignement du catéchisme, lorsque les familles le souhaitent, de pouvoir réduire les frais fixes des communes, au titre de cette semaine des cinq jours qui n’avait jamais été véritablement digérée. Le gouvernement profite également pour prendre des mesures un peu tous azimuts, afin de desserrer les contraintes sur les entreprises, et de libérer la création d’emplois. Selon mes informations, le projet de loi de Finance pour 2018 va réduire de nouveau le plafond sur les taxes consulaires, perçues au profit des chambres de Commerce et d’Industrie, ce qui amènera une réduction de 150 millions d’euros des charges affectées aux entreprises. Les chambres de Commerce ponctionnaient il y a quelques années 1,4 milliard d’euros chaque année aux entreprises, en 2018, si cette mesure est adoptée, ce sera à peine plus de 700 millions.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.