Bataille interne aux Républicains : Gérard Larcher soutient un sénateur sortant non investi...

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

André Trillard, sénateur de Loire-Atlantique : « Aujourd’hui, la France est attendue parce qu’elle porte seule l’indépendance de l’Europe. »

André Trillard est sénateur de Loire-Atlantique depuis 2001 et il fait partie des élus qui se sont beaucoup impliqués dans les questions de défense. Il est notamment membre de l’assemblée parlementaire de l’OTAN. Or, à la surprise générale, ce parlementaire LR n’a pas obtenu l’investiture de son parti pour les élections sénatoriales. Les observateurs savent que c’est aussi une conséquence de l’élection présidentielle perdue et d’une nouvelle nécessité de répartir des postes… L’événement, c’est que cette décision a déclenché la colère de Gérard Larcher, qui estime qu’André Trillard a très bien travaillé au cours de ces dernières années. Le président du Sénat est sorti de sa réserve pour soutenir la liste divers-droite conduite par le sénateur Trillard face aux candidats investis par Les Républicains. Xavier Bertrand soutient également André Trillard, qui revient sur son mandat.


L’Hebdo-Bourseplus : Quels sont les deux sujets qui vous ont le plus passionné au cours de votre mandat?

André Trillard : Il y a deux sujets. D’abord, le rapport que j’ai coécrit avec un collègue socialiste sur la maritimisation, c’est-à-dire l’évolution du trafic et l’évolution de la responsabilité en mer. Nous avons eu le plaisir d’avoir le prix du Chef d’état-major de la Marine pour le meilleur ouvrage économique sur la mer. Ce rapport a débouché sur des interventions à l’Ecole de guerre, sur ce même sujet, qui est maintenant traité par une section de l’IHEDN (Institut des hautes études de Défense nationale). Je m’aperçois que le politique peut être le seul homme qui ait le droit de parler à la fois de la marine marchande et de la marine nationale sans que cela gêne... Enfin, je viens de publier un rapport sur l’évolution de la stratégie nucléaire et rien ne nous a été caché puisque nous avons visité l’ensemble des réalisations. Pour faire un peu de publicité comparative, nous sommes allés à Londres, à la rencontre de nos collègues, ainsi que du Foreign Office et du ministère de la Défense, et nous avons vu à quel point Charles de Gaulle avait raison car notre indépendance est une merveille à côté de la situation des Britanniques sur le nucléaire stratégique.


À l’heure où certains rêvent de l’abandon du nucléaire civil, pourquoi la France doit-elle rester une grande puissance nucléaire ?

Si la France n’a pas d’ambition, si la France veut rentrer dans le rang, elle peut devenir la même chose que les autres. Mais aujourd’hui la France est attendue parce qu’elle porte seule l’indépendance de l’Europe. Nos amis anglais ont un problème puisqu’il y a à bord un officier de la marine américaine et il y a un double pilotage des missiles qui ne peuvent partir que sur un double ordre. La France a un porte-avions qui est un peu fatigué. Il est en travaux, mais c’est le seul porte-avions de l’Europe en attendant les porte-avions anglais qui sont incompatibles avec nous. Je suis allé en mission sur le Golfe persique et j’ai vu des bateaux de tous les pays. La France est une puissance de deuxième rang par rapport aux Américains : un pour l’Europe, contre dix pour les Américains. Pour les avions ravitailleurs, nous en aurons une douzaine alors qu’ils en auront 420. Certes, nous ne parlons pas de la même chose, mais nous existons et nous tenons notre place. Je suis allé en Australie, pour une mission après la fameuse commande australienne, et j’ai pu constater que nous sommes devenus pour les pays de la zone une puissance du Pacifique, ce que nous n’étions pas : nous étions des gens un peu honnis, des coloniaux qui faisaient sauter des bombes... Mais, aujourd’hui, il y a un désir et une demande de France. J’ai rencontré des ministres australiens qui m’ont dit : « Ce que nous voulons de vous, ce n’est pas des matériels, mais nous apprendre comment vous avez fait pour créer votre indépendance en partant des écoles d’ingénieurs et en allant jusqu’à l’industrie et aux militaires. En dépit de tous nos affrontements internes, qui ne sont pas merveilleux, nous sommes devenus, malgré tout, un pays exemplaire. Mais jamais un Français ne le dira à un autre…

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