Loi Pinel : un zonage trop large est un facteur de risque pour les investisseurs

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Franck Vignaud, directeur du Laboratoire de l’Immobilier : « Surclasser une commune peut conduire à des déconvenues pour les investisseurs. »

Le cabinet d’études Le Laboratoire de l’Immobilier et la société de conseil Théséis viennent de réaliser une étude sur les effets du nouveau zonage de la loi Pinel. Selon les experts, il est indispensable d’avoir un recentrage plus fin du Pinel sur les zones tendues. En mars 2017, Théséis et le Laboratoire de L’Immobilier avaient déjà suggéré de recentrer le dispositif Pinel sur les zones les plus tendues A bis, A et B1 et d’exclure les communes situées dans les zones B2 et C. L’objectif de cette proposition était double : concentrer l’effort de production de logements supplémentaires sur les secteurs où les besoins sont les plus forts et rester ainsi fidèle à l’esprit du dispositif, et sécuriser les investisseurs particuliers en les orientant vers les marchés locatifs les plus larges et les plus dynamiques. Cependant, il faut aussi éviter l’excès en sens inverse, car un recentrage sur les seuls territoires du Grand Paris, Lyon et la frontière suisse, et la métropole Aix-Marseille produirait des effets contraires à ceux recherchés : « Il conduirait les promoteurs à se concentrer sur moins de 1 % du territoire de la France métropolitaine.

Or, sur ces secteurs très tendus, le foncier disponible est rare, la production ne peut augmenter fortement et le choc d’offre espéré ne saurait se produire. Une concentration des acteurs sur une zone aussi réduite conduirait même immanquablement à une envolée des coûts du foncier et donc des prix des logements neufs… » L’étude souligne également que le logement neuf est accusé à tort d’effet inflationniste sur les prix de l’immobilier : « Contrairement aux idées reçues, l’immobilier neuf a été un facteur de modération de l’ensemble des prix du marché de l’immobilier ces dernières années. L’évolution des prix du neuf s’est avérée bien inférieure à celle du marché de l’ancien depuis 2000, alors que les constructeurs ont dû intégrer les nouvelles réglementations thermiques successives (RT2005, BBC, RT2012…) et de nombreuses normes techniques visant à produire des logements plus économes en énergie et plus confortables ». Franck Vignaud, directeur du Laboratoire de l’Immobilier, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi avez-vous décidé de publier une étude sur la loi Pinel ?

Franck Vignaud : Notre dernière étude vise à alimenter la thématique du Pinel puisque nous savons que le thème du logement va faire partie des sujets abordés à la rentrée, notamment à travers le projet de loi de finances. Nous estimons qu’il y a quelques imperfections dans le dispositif, même s’il est plutôt bien pensé à la base, et nous proposons quelques pistes d’amélioration.


Vous proposez donc de recentrer le zonage vers les zones les plus tendues…

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