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Une biotech innovante qui révolutionne le traitement de l’arthrose
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Pascale Hazot, fondatrice de ACS Biotech : « Nous visons une réparation durable du cartilage en une seule implantation. »
La société lyonnaise ACS Biotech, spécialisée dans la réparation du cartilage, lance une opération de crowdfunding sur la plate-forme Happy Capital avec l’objectif de lever 900 000 euros. Les fonds ainsi recueillis permettront de poursuivre les développements précliniques et cliniques de sa solution innovante dans le traitement de l’arthrose. Cette maladie articulaire dégénérative et douloureuse affecte 170 millions de patients dans le monde, dont près de 10 millions en France. Il n’existe pas à ce jour de méthode efficace de réparation du cartilage pour combattre définitivement la dégénérescence des tissus et supprimer la douleur. La solution brevetée ACS Biotech est un gel de cartilage articulaire prêt à l’implantation par chirurgie mini-invasive en seulement une injection. Cette innovation, rendue possible par des biomatériaux performants, a été développée dans le cadre d’un projet de recherche avec le CNRS. La commercialisation des premiers kits injectables est prévue pour 2020. L’entreprise s’associe à la plate-forme Happy Capital afin de lever 400 000 euros jusqu’à septembre prochain, puis 500 000 euros avant la fin de l’année.
L’Hebdo-Bourseplus : Quel est votre parcours et comment vous est venue l’envie de vous lancer dans les biotechnologies ?
Pascale Hazot : Je suis docteur en chimie des matériaux plymères et composites. J’ai réalisé mon doctorat à l’Unité mixte CNRS-bioMérieux et j’ai cumulé un certain nombre de missions en recherche et développement, toujours à l’interface du privé et du public, dans des projets à connotation santé avec des perspectives d’application médicale. J’ai travaillé pour le CNRS et pour des laboratoires pharmaceutiques, à Lyon, à Bordeaux et à Paris, ainsi qu’à l’École Centrale, où j’ai enseigné la chimie tout en menant un projet de recherche. Après ces années en R & D, j’ai choisi de suivre un International MBA à l’EM Lyon avec une spécialisation en management et marketing, ce qui m’a permis d’accéder au poste de directrice du pôle des technologies médicales sur Saint-Étienne. Notre mission était d’accompagner les entrepreneurs du secteur médical à innover, notamment par l’organisation de séminaires scientifiques, par la participation à des salons internationaux, ou par la mise en place de projets collaboratifs entre cliniciens, chercheurs et industriels. Après avoir travaillé pendant quatre ans à ce poste, avec une évolution des activités et du budget, j’ai décidé de créer ACS Biotech et j’ai réfléchi pendant plusieurs mois sur ce projet, avec une étude du marché, du modèle économique, et le développement de réseau de partenaires. En mai 2013, j’ai créé ACS Biotech avec la signature d’un projet de collaboration avec le CNRS et notamment un laboratoire expert en cartilage.
Pourquoi vous êtes-vous orientée vers l’arthrose, qui ne s’inscrit pas dans un domaine de recherche auquel on pense naturellement ?
L’une de mes missions post-doctorales portait sur la réparation du cartilage à partir de matrices et de biomatériaux naturels. Dix ans plus tard, je suis revenue sur ce projet qui me semblait très intéressant, qui n’avait pas été exploité et qui avait vraiment de belles perspectives de succès puisque, pour l’instant, il n’y a pas de produits permettant de régénérer le cartilage. Quand j’ai démarré le projet de recherche avec le CNRS en 2013, nous avons mis en commun nos compétences en chimie des matériaux et en ingénierie du cartilage, et avons cherché à développer un projet innovant permettant d’obtenir un produit performant. Nous avons alors innové sur la recherche des matières premières de base de conception du produit, sur le processus de culture des cellules et sur le produit final. Cela nous a menés à un produit performant, breveté, permettant de reconstruire un tissu cartilagineux in vitro, similaire au cartilage natif.
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