Un appel à la délation qui fait parler du village dans toute la France !

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Daniel Calas, maire de Gragnague (Haute-Garonne) : « Nous voulions choquer les gens pour qu’ils réagissent. »

Ces derniers jours, de nombreux journaux nationaux ont évoqué l’appel à la délation lancé par l’adjoint à la sécurité de Gragnague, un village de 1700 habitants situé à une vingtaine de kilomètres de Toulouse. En effet, avec le soutien du maire, il a incité la population à dénoncer auprès de la gendarmerie les automobilistes roulant en excès de vitesse sur le territoire de la commune. Évidemment, il ne s’agissait pas de cautionner un tel procédé, c’était surtout un message d’alerte que souhaitaient lancer les élus. Au final, cela a bien fonctionné, puisque l’on a parlé de Gragnague dans de nombreux médias nationaux. Les pouvoirs publics devraient maintenant prendre au sérieux cette affaire en multipliant les contrôles. Daniel Calas, maire de Gragnague, revient sur la situation de sa commune.


L’Hebdo-Bourseplus : Votre adjoint à la sécurité, avec votre soutien, a lancé un appel à la délation contre les automobilistes en excès de vitesse sur le territoire de votre commune. Cette initiative a fait grand bruit, mais on comprend surtout que c’est l’expression d’un ras-le-bol de votre part…

Daniel Calas : Comme d’habitude, nous sommes pris entre le marteau et l’enclume : il y a les gens qui viennent se plaindre car les voitures roulent trop vite et il y a aussi tous ceux qui traversent le village parce qu’ils sont pressés, y compris des habitants du village, et qui ne font attention à rien. La répression, ce n’est pas mon genre, mais nous avons eu des radars de la gendarmerie qui ont intercepté des véhicules à plus de 100 km/h en zone urbaine. Évidemment, on est un meurtrier en roulant à 100 km/h dans une agglomération ! On en a vraiment ras le bol. Alors, mon adjoint a écrit un texte pour dire qu’il allait dénoncer les automobilistes qui roulent trop vite. Évidemment, j’endosse la responsabilité de son texte, mais je sais que c’était pour choquer. Il est évident que personne ne nous a téléphoné et que les gendarmes n’ont pas l’intention de travailler sur des dénonciations.

Nous voulons dire que les véhicules continuent de passer beaucoup trop vite et nous communiquons ces informations à la gendarmerie pour qu’elle mette en place des radars afin d’éduquer les automobilistes. Nous montons aussi des opérations devant les écoles. Nous ne dressons pas de procès-verbal, mais nous faisons constater aux automobilistes, qui sont souvent des parents, qu’ils sont en infraction et qu’ils sont dangereux. Malgré cela, on continue de voir des voitures qui roulent trop vite. Donc, il est normal d’en avoir ras le bol. Je viens de faire faire des panneaux qui vont être posés à chaque entrée du village : « Automobilistes, réfléchissez, vous ne risquez aucun danger et aucune peine en respectant la vitesse, mais en voulant gagner quelques minutes de plus vous risquez de tuer quelqu’un… » Je vais installer ces panneaux à chaque entrée du village, parce que nous sommes débordés par cette situation.


Votre intention était d’alerter les autorités sur cette situation, or on a parlé de votre village dans toute la France…

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