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Immobilier : les Français atteints par la maladie de la pierre.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 21 juillet 2017 (numéro 902) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Au cours des douze derniers mois, un peu plus de 900.000 logements ont été vendus en France. C’est un record historique, mais c’est un record qui est très inégalement réparti. Grosso modo, sur 80 % du territoire, le marché est vendeur, avec une poursuite de la baisse des prix. Sur une vingtaine de départements, le marché est acheteur, avec une reprise de la hausse des prix, qui est très spectaculaire à Bordeaux, du fait de l’« effet TGV », qui est importante à Lyon, et qui est en moyenne de 4 % en France. L’embellie sur le marché de l’immobilier est auto alimentée par à la fois un recul significatif des taux d’intérêt sur les trois dernières années, avec une sorte de plateau entre le milieu de l’année 2016 et le début de l’année 2017, suivi d’une très légère reprise des conditions d’emprunt, ce qui amène un certain nombre de personnes ayant le désir d’acquérir à prendre cette décision, malgré le chômage massif qui sévit en France.
On l’a un peu trop oublié, l’immobilier est un marché cyclique. Il y a eu une tendance lourde à l’évolution positive des prix, depuis 1981 on a connu beaucoup de cycles, avec un fort cycle baissier entre 1991 et 1997, suivi d’une reprise qui a amené à un sommet à la fin des années 2000 (2008-2009), suivi d’une baisse de court terme en 2009 et en 2010, d’une remontée assez vive en 2011, démarrage d’une véritable crise, qui a connu son sommet en 2016. Il ne faut pas s’affoler avec les échanges records, le volume sur douze mois glissants était de 900.000 ventes annuelles en juin, soit une hausse de 9,9 % par rapport aux douze mois glissants de la période comparable précédente.
Faux “record”.
Le parc de logements ayant augmenté, ce record historique doit être tempéré. 900.000 transactions, cela ne représente que 2,57 % du parc qui change de propriétaire tous les ans. Pour que l’on soit au même taux de rotation qu’en l’an 2000, il faudrait 950.000 à 960.000 ventes annuelles. De la même manière qu’il y a une carte électorale de la désespérance quand on applique au territoire national les votes de la France insoumise et ceux en faveur du Front national, il y a une carte de France de la misère immobilière, avec, ne l’oublions pas, près de la moitié des ventes qui sont signées dans les vingt départements les plus dynamiques, qui sont situés sur le littoral sud-est, autour de Toulouse, autour de Bordeaux, autour de Nantes et de Lille, et bien évidemment aussi dans le Grand Paris. Ailleurs, c’est non seulement le calme plat, mais l’on est dans une zone de stabilité des prix, où il y a des transactions qui se réalisent souvent à des prix inférieurs de 30 à 40 % à ceux qui furent constatés à la fin des années 2000, vers 2008 ou même encore en 2009. Si le gouvernement cherche des sources d’économies, c’est dans la politique du logement qu’il faut tailler. Le prêt à taux zéro a bénéficié à 110.000 ménages en un an, le « Pinel » attire toujours des investisseurs, mais il y a des zones où il y a désormais un excédent massif de surfaces destinées à la location, sans locataires solvables pour pouvoir les louer.
La folie de l’encadrement des loyers se prolonge.