La fermeture d’une classe menace l’avenir du village

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Francis Mallard, maire de Bouqueval (Val d’Oise) : « Nous sommes face à une position extrêmement arbitraire de l’Éducation nationale. »

Bouqueval est un village de 319 habitants situé dans le Val-d’Oise, dont le maire, Francis Mallard, est inquiet, car il vient d’apprendre que l’Éducation nationale comptait fermer son unique classe de maternelle, alors que le nombre d’enfants scolarisés est quasiment identique à celui des précédentes années. L’élu a compris que cette décision est la conséquence de la promesse d’Emmanuel Macron d’avoir des classes réduites dans les zones d’éducation prioritaire : ainsi, le gouvernement doit rechercher des enseignants dans les zones qui ne le sont pas… Pour Francis Mallard, la fermeture de cette classe de maternelle constitue une menace pour l’avenir même de la commune. Pourtant, l’effectif serait de 22 à 24 élèves, alors que pour garder une classe l’effectif demandé est de 20 élèves. Le maire est prêt à aller devant le tribunal administratif et même devant le ministre de l’Éducation nationale, pour plaider sa cause. Il répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Que répondez-vous à ceux qui estiment que les maires n’ont pas à se plaindre de la fermeture d’une classe car il est logique de la supprimer lorsqu’il n’y a pas assez d’élèves ?

Francis Mallard : Ce qui nous arrive aujourd’hui est un peu compliqué. Nous avons des parents d’élèves qui ont des enfants dans la classe qui ferme, mais aussi des enfants dans la classe qui ne ferme pas. Ils se posent des questions et j’observe que des parents d’élèves retirent leurs enfants de la classe qui reste pour les mettre ailleurs car, quitte à emmener un enfant à l’extérieur du village, autant y mettre les deux… Il y a un effet boule de neige qui me rend inquiet.


Vous estimez qu’il y a aussi une perte d’attractivité de la commune…

Oui. Les quelques maisons qui se vendent dans notre village, c’est souvent après le décès d’une personne âgée et, lorsqu’une famille imagine de venir s’installer chez nous, elle demande s’il y a une école pour les enfants. Cela ne va pas être simple. Je crains que l’on n’aille vers une fermeture définitive de l’école. Nous sommes face à une position extrêmement arbitraire de l’Éducation nationale et, après la fermeture de la classe, je redoute la fermeture de l’école. Tout cela alors que nous avons un potentiel pour les années à venir. Une commune voisine a réussi à mettre en place quelques pavillons, cela va amener des enfants et le maire de cette commune souhaite que les enfants viennent chez nous à Bouqueval, car il n’y a qu’une route à traverser.

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