Les constructifs vont-ils faire voler en éclats Les Républicains ?

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Pierre-Yves Bournazel, député « Les Républicains constructifs » de Paris : « La situation de notre pays est suffisamment grave pour que nous ayons des comportements responsables en privilégiant d’abord l’intérêt général. »

Depuis plusieurs années, Pierre-Yves Bournazel apparaît comme une figure montante de la droite parisienne : il est conseiller de Paris, conseiller régional d’Île-de-France et il vient d’être élu député de Paris face à Myriam El Khomri. Rappelons qu’il a reçu au second tour des élections législatives le soutien du Premier ministre, Edouard Philippe, alors qu’il se présentait sous l’étiquette LR. Il vient d’annoncer son adhésion au nouveau groupe Les Républicains constructifs, UDI et indépendants qui souhaite soutenir les réformes annoncées par Emmanuel Macron. Pour son premier entretien de député accordé à L’Hebdo-Bourseplus, Pierre-Yves Bournazel aborde la stratégie des députés « constructifs » et il évoque également l’actualité à Paris.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous appartenez au nouveau groupe des députés « constructifs » à l’Assemblée nationale. Par définition, un parlementaire ne doit-il pas être constructif, peu importe son camp, voter pour ce qui lui semble bon pour la France et amender ce qui lui semble perfectible ?

Pierre-Yves Bournazel : Malheureusement, il y a eu au cours de ces trente dernières années beaucoup d’alternances qui n’ont pas abouti aux réformes puisque, souvent, l’opposition votait contre par principe, qu’elle soit de gauche ou de droite. Je crois que sur la forme ce sont des méthodes obsolètes et désuètes et que sur le fond cela n’amène rien de bon au pays. Nous considérons que la situation de notre pays est suffisamment grave pour que nous ayons des comportements responsables en privilégiant d’abord l’intérêt général sur toutes les considérations partisanes. Il y a une recomposition politique qui est en train de s’opérer, avec l’élection d’Emmanuel Macron, qui a nommé un Premier ministre issu de nos rangs, Édouard Philippe, qui est à la tête d’un gouvernement profondément réformateur sur les questions du travail, de la sécurité ou de l’école.

Ce sont des projets que nous avions portés au sein de la droite modérée et centriste. Nous disons qu’en cohérence avec nos idées il faut soutenir les bonnes réformes du gouvernement, avec courage et lucidité, dans l’intérêt du pays. En même temps, nous porterons notre sensibilité, nos propres initiatives, c’est normal, c’est le rôle d’un député. Et, lorsque nous estimerons qu’un certain nombre de choses ne vont pas dans le bon sens, nous le dirons aussi. Il va y avoir une liberté, il n’y a pas de consignes de groupe. Nous sommes d’accord sur l’essentiel, sur la vision libérale et sociale des réformes à mener, sur un projet profondément européen à refonder et sur une vision humaniste de la société, c’est-à-dire une société ouverte et tolérante. Il y a de la liberté et c’est quelque chose de novateur. Nous pensons que les Français attendent de la cohérence par rapport aux idées et que l’on fasse d’abord avancer le pays.


On entend toujours cette même réflexion : « Dès que les députés sont dans l’opposition, ils votent systématiquement contre, même contre ce qui est bien… »

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