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Un hold-up qui traduit l’immense désarroi de l’électorat
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs : « Les Français vont très vite se rendre compte qu’il y a une grosse supercherie derrière le président de la République. »
Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs, est très préoccupé par les résultats des élections législatives, qui révèlent « un profond malaise ». Selon lui, « il y a des gens qui ne se déplacent plus pour voter. Il y a un malaise en France. Nous, politiques, avons échoué quelque part. Il y a une vraie réflexion à avoir. On ne peut plus faire de la politique comme nous la faisons actuellement. Nous sommes tenus de répondre plus clairement et plus nettement à nos concitoyens ». Jacques Grosperrin répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous estimez que la situation actuelle exprime un profond malaise démocratique. Dans certaines circonscriptions, on a observé pratiquement 60 % d’abstention lors du second tour des législatives. Comment analysez-vous ce contexte ?
Jacques Grosperrin : Cela montre d’abord la difficulté que la politique peut avoir à régler les problèmes de nos concitoyens. Depuis plusieurs décennies, les Français ont de plus en plus de difficultés à vivre et à travailler. La situation est très difficile et ils ont jugé que les politiques n’étaient plus à même de répondre à leurs aspirations. Quelqu’un de nouveau est arrivé en profitant de ce recul de nos concitoyens sur la politique, en disant qu’il n’y a plus de droite et plus de gauche. C’est plaisant et agréable, cela peut être tentant à un moment donné et on se rend compte que les Français ont voulu dépasser les clivages traditionnels. Le problème, c’est que cela ne se passe pas tout à fait comme cela ! Je comprends que les uns et les autres soient déçus, je comprends que l’on ne fasse plus de la politique de la même manière, je comprends que l’on aille vers un renouvellement de la classe politique... Mais je crois tout de même à la nécessité d’avoir des partis politiques sur des lignes assez séparées. Les conceptions de la société sont quand même différentes.
Depuis des années, il y a une offre politique très large au premier tour. Or, les électeurs ne s’intéressent jamais à la personnalité des candidats. Ils restent toujours attachés aux étiquettes et au vote dit utile, ils ne se renseignent pas, même au moment des élections, et ils viennent se plaindre ensuite… N’êtes-vous pas trop gentils avec les électeurs en leur trouvant toujours une excuse ?
C’est une remarque intéressante ! Je ne sais pas si nous sommes trop gentils, mais je me rends compte qu’ils ne nous font pas de cadeau. Regardez des gens comme Jean-François Lamour, Thierry Mariani ou d’autres, qui ont vraiment fait du bon travail dans leurs circonscriptions respectives, ils sont jetés du jour au lendemain comme des Kleenex ! C’est un peu comme avec la télévision, on change lorsqu’un programme ne nous plaît pas… On divorce lorsqu’une femme ne nous plaît plus… On est dans les réactions épidermiques. Les faits sont têtus, mais c’est le système… Alors, il faut changer le système et ne plus passer devant les électeurs, mais devant des sages… Pour les sénateurs, c’est vraiment différent car, quand on travaille avec les maires, qui sont aussi élus, ils savent ce que c’est. Pour les députés, il y a des vents : un coup à gauche, un coup à droite, aujourd’hui on ne sait pas où il est... Cela me fait penser à la tramontane dans le Midi lorsque vous ne savez pas comment vous couvrir… Je pense qu’il y a eu un hold-up national et local, avec une majorité d’électeurs qui ne sont pas allés voter. Dans certaines circonscriptions, 60 % des gens ne sont pas allés voter ! Peut-être que les Français sont trop heureux… En réalité, il faudra que l’on réfléchisse sur l’avenir et que l’on s’adresse d’une manière peut-être plus claire et plus nette à nos concitoyens.
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