Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

La Fed veut refroidir la bulle sans la faire éclater !

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Au moment où je réalise cette analyse, la Réserve Fédérale Américaine annonce une hausse du taux interbancaire au jour le jour d’un quart de point, le faisant passant dans la fourchette de variation de 1 % - 1,25 %. C’est la quatrième fois qu’elle relève ce taux depuis l’éclatement de la crise financière de 2008 (« sub-primes ») et son abaissement à zéro pour-cent pour relancer une économie tombée en rade. Elle a annoncé par ailleurs « la possibilité » de lancer un vaste programme de réduction de son bilan. Cela signifie qu’elle devrait commencer à revendre progressivement les actifs de dette obligataire et de crédits hypothécaires qu’elle avait accumulés pendant des années avec les fameux plans de relance « QE-I » et « QE-II », soit près de 4.500 milliards d’actifs ! Certes, les actifs dits « toxiques » ont pour la plupart déjà été nettoyés, mais la perspective de mise sur les marchés des produits à la vente représente un nouveau frein à la poursuite de la hausse qui n’existait pas encore jusqu’à présent. Pour le moment, les responsables monétaires se montrent très prudents face à la réaction des marchés qui pourrait s’avérer brutale étant donné le degré de maturité élevé du cycle boursier.

Il s’agit avant tout de tester la capacité des marchés à absorber un surcroît d’offre de titres mis en réserve dans le bilan de la Fed. Ce qu’il faut savoir c’est que la Banque Centrale américaine est bien décidée à « normaliser » son bilan même si cela devait prendre beaucoup de temps car il se ferait de manière très progressive. L’idée sous-jacente – en dehors de la saine normalisation du bilan de la Fed – est de calmer voire limiter la formation de la bulle spéculative actuelle. Le risque majeur serait son dégonflement incontrôlé, c’est-à-dire son éclatement éventuel. Dans ce genre de situation, tout le monde se regarde en chien de faïence, guettant les moindres réactions des uns et des autres. Et si d’aventure, un gros intervenant décidait de vendre massivement, le phénomène du « mouton de Panurge » n’est jamais très loin.

En tout cas, il s’agit d’un facteur de stress supplémentaire capable à lui seul de provoquer une forte augmentation de la volatilité. Cela commence déjà à se remarquer sur l’indice Nasdaq des valeurs technologiques qui fait du grand yo-yo depuis quelques séances ( voir par ailleurs l’analyse spécifique sur ce marché ). A La Bourse de Paris, l’indice Cac 40 continue de consolider au-dessus de sa ligne de support intermédiaire de 5.230 points, annihilant pour le moment systématiquement toutes les velléités de hausse alors que Wall Street reste malgré tout bien orientée, battant record sur record. C’est également le cas du Dax allemand qui vient tout juste de réaliser un nouveau record historique absolu. Sur les marchés obligataires, les taux sont repartis fortement à la baisse, cassant tous les supports connus avant les 0,09 % d’août 2016 ( voir par ailleurs l’analyse des tendances sur l’OAT 10 ans ). La question qui se pose désormais est de savoir si cette porte ouverte par la Fed serait ou non ignorée elle aussi par les marchés. Pour le moment, il semblerait que ce soit encore le cas !

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