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Le parlementaire craint une régression démocratique au cours des prochaines années
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Nicolas Dhuicq, député LR de l’Aube : « Il faut absolument qu’il y ait des forces d’opposition qui soient élues pour que la démocratie continue à vivre. »
Nicolas Dhuicq est député LR de l’Aube et maire de Brienne-le-Château. Il nous accorde son dernier entretien de député sous cette législature. Il est candidat à sa réélection dans sa circonscription de l’Aube.
L’Hebdo-Bourseplus : Que pensez-vous des premières semaines d’Emmanuel Macron à l’Élysée ?
Nicolas Dhuicq : Je pense que l’on assiste à une concentration des pouvoirs qui est assez inégalée, puisque le chef de l’État a nommé des camarades de promotion dans tous les ministères, ce qui donne l’impression que chaque ministre aura un commissaire politique quasiment derrière lui. Ensuite, c’est le plus grave, il y a une confusion qui est en train d’être créée entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. J’en veux pour preuve la question de la moralisation de la vie publique. La loi que l’on nous annonce va être défavorable pour les zones rurales, va démotiver des personnes qui auraient un bon niveau de revenus et les capacités à comprendre les enjeux d’aujourd’hui, à s’engager en politique, et je trouve qu’il y a une immixtion de l’exécutif dans le législatif sur laquelle les Français devraient porter plus d’attention.
Monsieur Macron représente la victoire de l’idée portée par Alain Juppé. La version 1.0 d’Alain Juppé, c’était deux partis politiques qui partageaient un socle commun et qui s’affrontaient sur des points que l’on peut considérer comme secondaires et qui alternaient la prise de pouvoir. La version 2.0 de Monsieur Macron, c’est un seul parti politique. Ce système n’est pas sain, parce que nous avons une grande partie des Français qui sont en colère et qui n’ont pas toujours les moyens et les capacités - parce que le système éducatif n’a pas fait son travail - d’intégrer les évolutions du monde et qui émettent des votes que je ne qualifierai pas d’extrémistes, mais de radicaux. Il y a Monsieur Mélenchon, qui dit parfois des choses justes, mais qui est inquiétant dans sa volonté de détruire les institutions parce que, quand on détruit les institutions, ce sont les plus faibles qui en paient les conséquences immédiatement…
De l’autre côté, nous avons Marine Le Pen qui a totalement coupé les ponts avec le libéralisme de son père et qui est dans un crypto-marxisme qui désoriente complètement une grande partie des gens qui étaient des militants historiques et des jeunes qui réfléchissent. Avec cette version 2.0 du système, le politique est détruit. Le politique a pour fonction de débattre, de confronter des points de vue, et utiliser le verbe est un moyen très important d’empêcher la violence. Or, quand on détruit le verbe, le langage n’a plus de sens puisque, dans ses discours électoraux, le chef de l’État pouvait dire une chose et son contraire en quelques minutes. Lorsque l’on veut détruire les antagonismes normaux dans une société, au nom d’une vérité unique, le réel va ressurgir d’une manière très violente. Au bout du compte, au lieu d’avoir une société apaisée, nous allons continuer d’être dans la violence et dans la radicalité. Sur le plan économique, je crains des grèves très dures à l’automne.
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