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Les Français attendent le résultat des législatives avant d’investir
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Taboret, DGA de CAFPI : « Nous retrouverons la dynamique que nous avons connue avant les élections à partir de la fin juin. »
CAFPI, le courtier en prêts immobiliers, vient de publier sa dernière note de conjoncture pour le mois de mai, en indiquant que les dossiers se sont bouclés à 0,97 % sur 10 ans, 1,15 % sur 15 ans, 1,40 % sur 20 ans et 1,79 % sur 25 ans, en hausse de 0,07 % à 0,19 % par rapport à l’ensemble du 1er trimestre 2017. Cette photographie des taux effectivement appliqués confirme leur hausse continue sur les cinq premiers mois de l’année : « Sachant qu’il faut entre 2 et 4 mois pour finaliser un dossier, il s’agit des taux effectifs obtenus par les emprunteurs ayant lancé leur opération entre janvier et mars », précise Philippe Taboret. Début juin, les taux négociés par CAFPI auprès des banques restent stables. Les plus bas d’entre eux atteignent 0,80 % sur 10 ans, 1 % sur 15 ans, 1,25 % sur 20 ans et 1,50 % sur 25 ans. Sur le mois de mai, la nouvelle demande a faibli, en retrait de 18 % par rapport à mai 2016.
Le document souligne également que les incertitudes autour des résultats de l’élection présidentielle et de la conjoncture économique ont eu un impact qui continue de se faire ressentir : « Les élections législatives de ce début de mois maintiennent le marché en attente. Nous sommes au creux de la vague. Dès mi-juin, une fois le gouvernement pleinement installé, nous aurons une vraie vision de la qualité de la production pour les mois à venir ». Cette baisse de la demande est également imputable à la forte chute du nombre de rachats de crédits. Sous l’effet de la hausse des taux, ceux-ci ne représentent plus que 20 % de l’activité de CAFPI, contre 30 % il y a un an. Malgré ce contexte, CAFPI reste optimiste en ce qui concerne le développement de l’activité et les nouveaux emprunteurs font de plus en plus confiance aux courtiers pour trouver l’offre de prêts qui leur correspond. Philippe Taboret, directeur général adjoint de CAFPI, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Dans votre dernière étude, vous observez une baisse de la demande des crédits immobiliers. Comment analysez-vous cette situation ?
Philippe Taboret : Nous constatons depuis le mois d’avril, sur deux mois consécutifs, une baisse de la nouvelle demande. Il y a les gens qui viennent nous consulter pour faire un plan de financement, car ils sont en cours de signature, ceux-là sont moins nombreux qu’en début d’année. En ce moment, nous battons tous les records de production et de vente. On est à + 18 % de transactions dans l’ancien et + 20 % dans le neuf, mais on compte les affaires qui se réalisent, c’est-à-dire que l’on parle de gens qui ont signé leur compromis de vente au début de l’année. Je dis qu’il y a eu un effet élections et qu’une partie des emprunteurs potentiels ont préféré attendre, pour voir ce qui allait sortir des urnes. Ils sont maintenant dans l’attente des législatives pour voir si, effectivement, on pourrait avoir des nouvelles orientations en matière de fiscalité.
On dit toujours que les gens sont dans une position d’attentisme avant les élections. Cette fois-ci, la période d’expectative intervient pendant et après la présidentielle… La volonté d’Emmanuel Macron de sur-fiscaliser l’immobilier a-t-elle un impact ?