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Le service de livraison de repas lève 30 millions d’euros
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Julia Bijaoui, cofondatrice de Frichti : « Notre offre n’a de l’intérêt que si elle est pensée pour tous les jours. »
Frichti, le service de livraison de repas fondé en juin 2015 par Julia Bijaoui et Quentin Vacher, annonce une levée de fonds de 30 millions d’euros. Il s’agit là d’un tour de table inédit en France pour une société créée il y a moins de deux ans. Il est réalisé auprès des fonds d’investissement Verlinvest et Felix Capital, et de ses actionnaires historiques, Alven Capital et Idinvest Partners. Cette annonce intervient après une première levée de fonds de 1 million d’euros en septembre 2015 et une seconde de 12 millions d’euros en avril 2016.
Deux ans après avoir créé Frichti, Julia Bijaoui et Quentin Vacher dirigent ainsi le plus grand restaurant de la région parisienne : car chaque semaine, Frichti fait livrer en 30 minutes plus de 20 000 repas, confectionnés par ses soins, à Paris et dans sept villes de la périphérie par des coursiers salariés de l’entreprise. À ce jour, Frichti emploie plus de 300 salariés en CDI, dont 60 en cuisine, ce qui marque l’originalité de ce concept, face à des concurrents qui se contentent d’assurer la livraison de plats commandés et sous-traités auprès de restaurants ou de paniers-recettes à faire soi-même. L’entreprise s’adresse à des urbains pressés qui n’ont pas le temps de faire leurs courses tous les jours. Julia Bijaoui, cofondatrice de Frichti, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Dans ce secteur de la livraison de repas à domicile, certains ont choisi de travailler avec des restaurateurs, alors que vous réalisez tous vos plats en interne. Qu’est-ce qui vous a conduits à cette réflexion ?
Julia Bijaoui : Nous sommes finalement partis d’un problème personnel : nous travaillons beaucoup, avec un rythme de vie très rempli, et nous avons du mal à bien nous nourrir chaque jour. Le problème se pose au déjeuner, souvent en allant chercher un mauvais sandwich dans une boulangerie, en le payant assez cher, mais aussi le soir, avec peu de temps pour faire des courses ou pour cuisiner : donc, on termine souvent avec des produits industriels. Pour toute une série de raisons, il est très difficile de bien se nourrir. Nous nous sommes dit que le digital a révolutionné de nombreuses parties de notre vie et qu’en ce qui concerne notre manière de se nourrir, cela n’a pas du tout été le cas. Finalement, personne n’a pensé à utiliser les nouvelles technologies pour nous aider à mieux manger.
Les rythmes de vie évoluent et les gens sont beaucoup plus concernés aujourd’hui par ce qu’ils ont dans leur assiette. Il y a aussi une recherche forte de transparence. Nous avons imaginé Frichti avec une volonté d’apporter un service quotidien et une carte adaptée, qui ne livre pas de la nourriture de restaurant. Nous ne nous inscrivons pas en faux contre les restaurants, puisque nous proposons une nourriture très différente à travers quelque chose de plus proche de ce que l’on peut faire soi-même : par exemple, nous utilisons peu de matières grasses, ce sont des recettes simples, même s’il y a toujours quelque chose d’assez sympa, mais nous ne recherchons pas des goûts et des saveurs sophistiquées.
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