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Comment porter des ambitions fortes quand on est une petite commune ?
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Gérald Missour, maire de Saint-Nazaire (Gard) : « Il faut toujours optimiser les contrats et les renégocier quand ils arrivent à terme… »
Saint-Nazaire - à ne pas confondre avec son homonyme de Loire-Atlantique - est une commune de 1200 habitants située dans le département du Gard. Son maire, Gérald Missour, a annoncé la concrétisation de nombreux projets au cours de ces derniers mois : une nouvelle école, un nouveau quartier, l’arrivée de la fibre optique, un City stade… Tout cela malgré la baisse des dotations de l’État et en s’engageant à équilibrer le budget. Il démontre que c’est possible lorsque l’on arrive à faire preuve de créativité et lorsque l’on est convaincant pour étayer ses demandes de subventions. Gérald Missour confirme ainsi qu’une commune d’un millier d’habitants n’est pas condamnée au déclin et qu’elle peut arriver à se développer. Il nous livre ses recettes.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous tenez un discours très optimiste sur le développement de votre commune, malgré la baisse des dotations de l’État : alors, comment procédez-vous ?
Gérald Missour : C’est un parcours du combattant et il faut faire attention au moindre centime dans les dépenses. Par exemple, lorsque j’ai pris les affaires communales en 2014, nous étions à la fin d’un contrat sur les illuminations de Noël, d’un montant de 18 000 euros par an, et j’ai pu le faire descendre à 5 500 euros… Cela fait déjà 13 500 euros d’économies par an et ce n’est quand même pas rien pour une petite commune rurale. Il faut toujours optimiser les contrats et les renégocier quand ils arrivent à terme. Ensuite, il faut aller à la pêche aux subventions quand vous menez un projet, comme la création d’une école. Mais ce n’est pas suffisant, il faut surtout présenter un véritable objectif de rénovation du centre du village. Dans notre situation, nous avions un terrain de football qui n’était plus utilisé et nous avons décidé de construire l’école dessus, ce qui permet d’économiser le foncier.
Nous avions un terrain vague pas très loin et nous l’avons transformé en parc intergénérationnel. Là où se trouve l’école actuellement, nous créons une nouvelle place du village. Quand vous arrivez avec un tel projet devant le préfet, il répond positivement, parce que c’est un très bon projet dans un village aussi particulier que le nôtre, puisque nous avons un tiers des logements qui sont à caractère social. Nous montrons ainsi que nous avons des idées et que nous savons ce que nous faisons. Finalement, ce sont les trois quarts du projet qui vont être subventionnés. De l’autre côté, face aux baisses de financement de l’État, nous avons trouvé des promoteurs pour se lancer dans le projet de création d’un nouveau quartier, avec une trentaine de logements qui dégageront, par les rentrées fiscales et la taxe d’aménagement, l’argent nécessaire pour financer ce qui reste.
Vous avez 1200 habitants : est-ce une taille minimale pour travailler sur l’avenir ? Pensez-vous qu’il y ait un seuil de population sous lequel une commune ne peut plus avoir les moyens de se développer ?
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