Bouygues : un conglomérat qui se porte mieux.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 26 mai 2017 (numéro 894) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Lors de la conférence téléphonique qui a suivi la publication des résultats du premier trimestre de 2017, ce mercredi, un directeur général adjoint du groupe Bouygues a osé avouer : « l’élection d’Emmanuel Macron est une très bonne chose pour le groupe ». A voir TF1, même si cela ne fut pas aussi caricatural que pour BFMTV, on avait deviné que le groupe Bouygues avait un candidat qui était aussi celui des banques ! Pourtant, Bouygues n’a pas autant besoin des banques que par le passé, et il est vraisemblable qu’il n’aura pas trop besoin des banques dans les années à venir, du fait de la cession à venir de sa participation dans Alstom. Le conglomérat se porte bien, et on pourrait même dire qu’il se porte très bien. Au premier trimestre de 2017, le chiffre d’affaires a augmenté de 5 % avec 6,847 milliards d’euros, et le résultat opérationnel courant, traditionnellement en pertes au début de l’année du fait des conditions climatiques qui gênent l’avancée des chantiers et la construction de maisons, se retrouve assez proche de l’équilibre puisqu’il passe d’une perte opérationnelle courante de 140 millions d’euros au premier trimestre de 2016 à une perte opérationnelle courante de seulement 67 millions d’euros au premier trimestre de 2017.
Le résultat net part du groupe hors exceptionnel a été en pertes de seulement 30 millions d’euros contre 137 millions d’euros au premier trimestre de 2016, l’amélioration est patente, il faut, cerise sur le gâteau, souligner le fait que l’endettement net a été réduit d’un peu plus de 220 millions d’euros en un an, ce qui montre bien que le groupe va dans la bonne direction. Il y a un an, l’ensemble du marché fantasmait sur la vente de BouyguesTelecom, sur les conditions de cette vente, et sur le dépeçage de l’entreprise, afin de réduire de quatre à trois le nombre des opérateurs majeurs de téléphonie mobile en France. On peut remarquer que le processus de vente, bien qu’interrompu, n’a absolument pas gêné la dynamique commerciale du groupe Bouygues Telecom, l’une desprincipales filiales et la plus médiatique du groupe.
Bonne dynamique de Bouygues Telecom.
On avait déjà constaté dans les comptes de 2016 que l’activité s’était plutôt bien redressée sur l’ensemble de l’année, on peut voir, dans les comptes du premier trimestre de 2017 que la dynamique n’est pas du tout en train de s’infléchir, au contraire. Bouygues Telecom a gagné 364.000 nouveaux clients mobiles au premier trimestre, et a également récupéré 88.000 clients nouveaux dans le fixe, soit un rythme de presque 30.000 par mois, d’environ 400.000 à un demi-million par an, ce qui justifie la stratégie de « vivre seul ». On se souvient que Bouygues Telecom avait envisagé d’arriver à une marge opérationnelle avant impôts et amortissements (EBITDA) de 25 % en moyenne sur l’exercice 2017, on peut s’apercevoir, dans les comptes du premier trimestre, que la direction ne connaît aucun infléchissement, sur ce ratio-là également. La marge d’EBITDA était de 15 % du chiffre d’affaires au premier trimestre de 2016 dans les télécoms, elle est montée à 23,4 % du CA télécoms au premier trimestre de 2017.
La marge moyenne sur l’année 2017 a une forte vraisemblance d’arriver à l’objectif de 25 % et peut-être même de dépasser cet objectif. Le groupe Bouygues va bien sur à peu près tous les domaines. Le carnet de commandes dans les activités de construction était de 31 milliards d’euros à la fin du mois de mars 2017, soit une progression de 4 % sur un an. Deux contrats importants ont été signés dans le cadre du Grand Paris Express pour un montant total de 731 millions d’euros, la reprise des grands travaux, qui sont financés par des taxes additionnelles pourrait doper l’activité pendant plusieurs années encore. Le conglomérat Bouygues est constitué d’une sorte de grosse flottille de paquebots. Il est difficile de manœuvrer des entreprises de construction telles que Colas, mais, dans le temps, on voit des inflexions, au fur et à mesure des innovations, des chantiers, et des gains de productivité qui peuvent en résulter. De la même manière, le groupe de communication
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