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Le sénateur LR de la Moselle analyse la situation politique de la France après la victoire d’Emmanuel Macron
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
François Grosdidier, sénateur LR de la Moselle : « Ce ne sera pas forcément une cohabitation, mais plutôt une coalition sur les bases du programme d’Emmanuel Macron. »
François Grosdidier est maire de Woippy et sénateur LR de la Moselle. Dans l’entretien qu’il vient de nous accorder, il estime que la victoire d’Emmanuel Macron constitue un vrai problème pour les dirigeants de LR car une bonne partie de l’électorat de droite juge « acceptable » le programme du mouvement En Marche ! Notre interlocuteur aborde évidemment la question des élections législatives, en soulignant que la multiplication des candidatures aura probablement pour effet de neutraliser les triangulaires et que, dans de nombreuses circonscriptions, le candidat FN sera opposé à un candidat LR, PS, En Marche ! ou représentant de Jean-Luc Mélenchon. Ainsi, en raison de ce fameux « plafond de verre », à l’exception d’une ou deux circonscriptions dans le sud de la France, le FN pourrait avoir cette fois-ci moins de sièges de députés qu’en 2012. On assiste donc à un bouleversement profond de la situation politique dans notre pays.
L’Hebdo-Bourseplus : Emmanuel Macron, contrairement à François Mitterrand ou François Hollande, est jugé « acceptable » par une majorité de l’électorat de droite. Comment Les Républicains peuvent-ils affronter cette situation ?
François Grosdidier : C’est un problème pour Les Républicains et c’est aussi un problème pour les électeurs. C’est un problème pour les électeurs, parce que nous les avons frustrés d’une victoire à l’élection présidentielle en n’ayant pas forcément présenté celui qui, au bout du compte, aurait été le meilleur candidat. Nous avons une certaine responsabilité sur ce point. Les électeurs se rendent bien compte que même si Emmanuel Macron émane en grande partie de François Hollande, il a deux différences avec une orientation plus libérale et, parfois même, plus sécuritaire. Son programme sécuritaire ressemble plus à celui d’un candidat à la primaire de la droite, qu’à une reprise de la politique pénale de Christiane Taubira. Il a quitté le gouvernement parce qu’il reprochait à François Hollande d’hésiter en permanence entre deux lignes et de ne pas choisir une ligne qui aille clairement vers l’offre et la compétitivité… Les électeurs constatent quand même que ce n’est pas tout à fait la même chose, même si ce n’est pas franchement la politique de droite à laquelle ils aspirent. Après les élections législatives, ils souhaitent que l’on mette en œuvre leurs idées et la meilleure façon serait d’imposer une cohabitation.
Mais ils se rendent bien compte que Les Républicains n’auront pas la majorité absolue. Ils ne veulent pas non plus que l’on se retrouve dans une opposition systématique qui laisse en fait Emmanuel Macron seul face à la gauche, avec laquelle il ne pourra pas gouverner et qui ne pourra pas mettre en œuvre la politique qu’il a promise et qui correspond davantage aux aspirations de la droite. On sent bien que nos électeurs veulent voter pour nous mais, en même temps, ils nous demandent d’être responsables et de ne pas annoncer que l’on s’opposera systématiquement à tout ce que voudra entreprendre le président de la République, notamment dans l’hypothèse où nous n’obtiendrions pas la majorité absolue. Finalement, nous pourrions être contraints à un gouvernement de coalition. Si Les Républicains sont plus nombreux, ils seront plus forts pour imprimer leur politique. Mais s’ils sont moins nombreux, les électeurs attendent que nous permettions à Emmanuel Macron de mettre en œuvre une politique plus libérale et plus sécuritaire, afin de ne pas laisser Emmanuel Macron seul face à la gauche.
Les Français ont connu l’opposition et la cohabitation, ils vont donc pouvoir découvrir un modèle plus nuancé…
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