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Michelin : l’innovation, culture de base.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 12 mai 2017 (numéro 892) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Dans un de ses nombreux communiqués (il y en a plusieurs par semaine), le groupe Michelin a salué le fait que la nouvelle Alpine A110 sera équipée en pneus MichelinPilot Sport 4. Cela va vous paraître peut-être bizarre, puisque l’Alpine ne sera certainement pas un véhicule à très forte diffusion, mais Michelin a adapté un pneumatique spécifique à ce véhicule, a fait plus de 3.000 km d’essais sur des pistes dont le centre technologique Michelin à Ladoux (63), sur les circuits de Charade en France et en Espagne. Pour Michelin, il n’y a pas de petit défi, il n’y a surtout pas de petit marché. Equiper l’intégralité des 1.955 exemplaires de la « première édition » de l’Alpine A110, c’est un petit marché, mais c’est un marché qui est porteur d’image, et, de toute façon, Michelin ne perdra pas d’argent sur la vente des 8.000 premiers pneus, sans compter les pièces d’usure, de renouvellement, plus les pneumatiques qui seront montés sur la production de série, au-delà de cette première édition.
Des AG sérieuses.
L’assemblée générale de Michelin, qui va se tenir le 19 mai prochain à Clermont-Ferrand, ce ne sera pas la « fête du slip », car il s’agit d’un moment sérieux, entre gens sérieux, avec zéro éclate, car l’entreprise n’a pas vocation à frimer. Pourtant, Michelin n’a pas du tout de quoi rougir. Je ne parle pas des excellents résultats de 2014, des très bons résultats de 2015 et des encore magnifiques résultats de 2016. Je parle également des chiffres du premier trimestre, avec des ventes mondiales nettes de 5,6 milliards d’euros, en hausse de 10 % avec une croissance des volumes de 7,3 %. Outre une forte demande en première monte (les ventes aux constructeurs), il y a eu une accélération de la demande pour les pneumatiques de remplacement, puisque le groupe a annoncé des hausses de prix, les différents distributeurs ont anticipé ces hausses, en augmentant légèrement leurs stocks.
Mais le groupe fabrique de tout. Du coup, il bénéficie de la demande en rebond pour ce qui concerne les pneus des engins miniers. Il y a également des pneumatiques pour les avions, le développement du transport aérien est un bonus pour Michelin, car lorsqu’il y a un décollage et un atterrissage, on use de la gomme (surtout à l’atterrissage). Michelin fait des pneus d’avion depuis une éternité, depuis que l’avion existe, mais Michelin a bénéficié d’un énorme coup d’accélérateur dans cette division particulière depuis l’accident malheureux d’un Concorde, dont la cause a été identifiée comme l’explosion, suite à la rencontre d’une lamelle détachée d’un avion et tombée sur la piste, d’un pneumatique qui n’était pas un pneu de la marque Michelin. Des tests ont été faits par les compagnies aériennes, dans les mêmes conditions, un pneu Michelin n’aurait pas éclaté, le Concorde ne se serait pas crashé sur un hôtel, à quelques encablures des pistes de Roissy !
Innover, même si les constructeurs ne suivent pas toujours.