BNP Paribas, colosse aux pieds d’argile très nerveux face à Orange Bank.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 5 mai 2017 (numéro 891) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

BNP Paribas : un colosse aux pieds d’argile ? Avec « Hello Bank », BNP Paribas a connu un véritable flop, loin derrière le pionnier Société Générale, qui a percé dans la banque en ligne avec Boursorama. Du coup, quelques semaines avant le lancement de sa banque par Orange (Orange Bank), issue de la transformation de Groupama Banque, à la surprise de tous, BNP Paribas a annoncé au début du mois d’avril le rachat de 95 % de la Financière des Paiements Electroniques, la société qui porte le « Compte-Nickel ». Mine de rien, sans y toucher, Compte-Nickel a réussi à récupérer en à peine plus d’un an un demi-million de clients, avec son « compte sans banque ».

Le Compte-Nickel a été acheté pour un prix minimum de 200 millions d’euros qui pourra, en cas de succès de développement et de respect des objectifs qui étaient dans le cahier des charges de l’entreprise, une jeune pousse, être porté à presque 300 millions d’euros, avec des compléments de prix qui sont prévus lors du rachat. Le Compte-Nickel est associé avec la Confédération des Buralistes, les marchands de tabac ayant trouvé une activité complémentaire, offrant leur réseau de distribution et réinventant le réseau bancaire traditionnel. 


Ruée vers les jeunes pousses financières.

Le Crédit Mutuel Arkea a fait l’acquisition récemment de la start-up Leetchi, qui connaît beaucoup de succès pour la mise en place de cagnottes, dans une économie de participation mais aussi dans l’économie traditionnelle (liste de mariage), et le groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE) a acheté Fidor. Le slogan de BNP Paribas, dans les publicités, c’est « la banque d’un monde qui change ». Le problème de BNP Paribas, c’est que le monde change beaucoup plus vite que la banque ! La banque de demain doit être universelle, simple et doit innover, doit pouvoir être utilisée dans toutes les poches, même si le traditionnel carton de plastique de la carte de paiement sera toujours utile, utilisé.

Avec la poussée de la numérisation, il est possible de réaliser beaucoup d’actions quotidiennes sans passer par son conseiller, les grandes institutions bancaires se retrouvent un peu engoncées dans leurs habits épais, avec des réseaux d’agences qui coûtent très cher à entretenir, avec un personnel important, des loyers significatifs, la plupart des établissements ayant renoncé à la propriété foncière, déjà depuis plusieurs années. Avec la prise de contrôle des Compte-Nickel, BNP Paribas cherche à garder des points de contact physique, un peu comme les « relais Poste » de La Poste, des points de contact qui ne coûteront pas cher puisqu’ils seront modestement rémunérés. En l’espèce, il s’agira du réseau des débitants de tabac, les fameux buralistes. Ce réseau, même amoindri, permet à BNP Paribas de s’implanter dans des zones rurales, pas tellement denses en population et en fréquentation d’agence, et d’accélérer son plan de décroissance pour le réseau traditionnel.

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