Une jeune pousse française lève 1,6 million pour réinventer l’assurance

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Cécile Mérine, cofondatrice d’Otherwise : « Nous revenons aux fondamentaux de l’assurance à taille humaine. »

Otherwise se positionne comme une pionnière de l’assurance collaborative en France. L’entreprise vient de lever 1,6 million d’euros auprès de 360 Capital Partners, de Bpifrance et d’investisseurs privés pour lancer la première complémentaire santé communautaire, digitale et équitable. Le modèle s’appuie sur l’animation de groupes d’assurés à taille humaine favorisant la prévention des risques et sur un bonus collaboratif qui encourage les comportements responsables. Otherwise propose une assurance au juste prix, qui rembourse ses assurés en cas de sinistre, bien sûr, mais aussi lorsque tout va bien, offrant ainsi la possibilité à ses souscripteurs de récupérer jusqu’à 50 % de leur cotisation initiale, en fonction des sinistres intervenus et des prestations effectivement payées pendant l’année. Otherwise est soutenue par l’Atelier BNP Paribas Group, Agoranov, Finance Innovation, Cap Digital, Scientipôle et BPI France, et elle est membre de la French Tech. Cécile Mérine, cofondatrice d’Otherwise, présente la démarche de l’entreprise.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous présentez Otherwise comme le pionnier de l’assurance collaborative en France. Toutefois, par définition, toute assurance n’est-elle pas collaborative ?

Cécile Mérine : C’est tout à fait juste et, dans certaines circonstances, nous nous présentons plutôt comme l’assurance réinventée : ce terme a plus de sens puisque l’essence même de l’assurance est la mutualisation, donc la collaboration. Le nom de notre structure juridique est Amalfi, qui était le nom de code utilisé par des marchands génois qui constituaient une cagnotte au cas où l’un de leurs bateaux aurait des difficultés en mer. Nous revenons aux fondamentaux de l’assurance à taille humaine, alors que le développement des réglementations, notamment sur les critères de solvabilité, vont plutôt dans le sens d’un regroupement des assureurs avec des tailles énormes. Nous essayons de revenir aux fondamentaux en gardant ce côté mutualisation, tout en insistant sur l’importance de la collaboration, de la taille humaine et de l’échange de bons plans. Nous voulons redonner une dimension plus humaine à l’assurance. Pour un certain nombre de prestations et de risques, on a besoin de mutualiser, mais on n’a pas forcément besoin de la surface financière très large d’un assureur et on peut revenir à quelque chose à taille humaine.

Aujourd’hui, on est obligé de le faire dans le cadre du dispositif de l’assurance, parce qu’un groupe d’individus n’a pas d’existence juridique et ne peut pas s’auto-assurer, mais c’est bien le mécanisme que nous recherchons : c’est-à-dire réunir les individus en groupes, avec une taille d’une centaine de personnes environ, car on peut gérer des relations humaines sans structuration particulière. Notre idée est de constituer des groupes à taille humaine en créant une sorte de communauté de destin. Concrètement, ces personnes vont mettre en commun une partie de leurs primes d’assurance, ce qui va permettre de constituer une cagnotte et la ressource nécessaire pour payer des prestations et, à la fin de l’année, si le montant des prestations est inférieur à celui de la cagnotte, nous nous engageons à restituer aux assurés le montant résiduel de la cagnotte. Donc, il y a une sorte de responsabilisation. On va animer les communautés, notamment en prévention dans la gestion du risque, pour faire baisser potentiellement le coût. Nous avançons vraiment dans la même direction, c’est ce côté collaboratif, à travers cette création de communautés de destin par affinités.


Si vous restituez le surplus éventuel de la cagnotte dès la fin de l’année, n’est-ce pas contradictoire avec le principe de l’assurance, qui consiste à travailler sur une très longue durée puisque le niveau de risques devient plus important avec l’âge ?

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