Le marché des résidences secondaires reprend des couleurs

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Loïc Lécuyer, président du Conseil régional des notaires de la Cour d’appel de Rennes : « Nous sommes sur des volumes qui sont repartis partout et les prix sont extrêmement sages. »

Les notaires de l’Ouest viennent de publier une étude concernant le marché des résidences secondaires sur la façade Manche et Atlantique, où il apparaît que les ventes reprennent. Le secteur de la résidence secondaire retrouve son dynamisme en volume de ventes, en raison d’une baisse des prix des biens et des taux bas. Les acquéreurs sont de retour, avec des volumes en hausse de 13 % pour les appartements et de 12 % pour les maisons. Alors que l’on observait depuis quelques années une désaffection des Français à l’égard de la résidence secondaire, on constate maintenant une inversion de situation. Pour les appartements anciens, La Baule demeure la station la plus prisée du littoral breton, en termes de prix, avec 4080 € le mètre carré (+ 0,8 %), de volumes de transactions et d’offres.

Les notaires soulignent qu’à La Baule, plus l’appartement est grand, plus le prix du mètre carré est élevé : 3380 € pour un studio, contre 5100 € pour un 5 pièces. Pour les maisons anciennes, La Trinité-sur-Mer demeure la station bretonne la plus chère, avec 421 000 € (loin des 500 000 € de 2014). Globalement, l’immobilier sur les côtes bretonnes est à nouveau abordable. Sur l’ensemble du littoral, il est possible de trouver, avec quelques travaux à effectuer, des maisons à moins de 200 000 €. Loïc Lécuyer, président du Conseil régional des notaires de la Cour d’appel de Rennes, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : On nous explique depuis quelques années que le marché de la résidence secondaire est en perte de vitesse, pas seulement pour des motifs économiques, mais aussi en raison des nouvelles habitudes de consommation touristique. Comment analysez-vous le renouveau dont vous faites état ?

Loïc Lécuyer : La tendance avait été à la baisse des volumes, puisque l’on parle des volumes - il faut toujours dissocier le volume et les prix - et le marché s’était totalement grippé avec la crise économique et l’augmentation significative de la taxation des plus-values immobilières. Il n’y avait plus vraiment d’acquéreurs, puisque c’est un marché de plaisir : or, quand il y a une crise économique, ce n’est pas ce que l’on recherche dans un premier temps, puisque l’on essaie d’assurer les fondamentaux. Il n’y avait plus de vendeurs non plus car lorsque l’on faisait le calcul de l’imposition sur les plus-values, ils comprenaient tout de suite qu’ils n’avaient pas intérêt à vendre...

Contrairement à ce que pouvaient imaginer les esprits brillants de Bercy, quand on double l’imposition, cela ne double pas le rapport de l’impôt puisque les gens réagissent ! Ces deux facteurs ont été cruciaux. Aujourd’hui, la crise s’éloigne, peut-être que l’on finit par s’y habituer, et l’imposition sur les plus-values a été atténuée. Elle est encore assez importante, mais elle a quand même été atténuée. Il y a aussi la baisse des taux qui est un facteur qui contribue à redynamiser les volumes de ventes.

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