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Royaume désuni, France éclatée.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 7 avril 2017 (numéro 887) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Si l’on en croit les statistiques mondiales du PIB, la France reste la sixième puissance économique mondiale et le Royaume-Uni se trouve juste derrière, du fait de la baisse de la livre sterling, au septième rang. Comme je l’ai souvent dit, la France de la fin des années 2010 fait bigrement penser à celle que l’on a connue au début des années 1780.
Tout coïncide, même si l’Histoire ne repasse pas toujours les mêmes plats. Nous avons une crise agricole, comme il y a eu une crise agricole dans les années 1780. Nous avons des finances publiques non-maîtrisées, des règles et des statuts figent la société, alors que les nouvelles technologies qui sont apparues au cours des deux dernières décennies ne peuvent être vraiment mises à profit qu’en travaillant totalement différemment.
La France des années 1780...
Nous étions à l’aube de la révolution industrielle dans les années 1780, nous sommes aujourd’hui à l’aube de la robotisation, du numérique. Il y a deux siècles et demi de cela, la France était passée par une révolution qui fut enthousiaste puis sanglante puis raisonnée. Aujourd’hui, avec une élection présidentielle qui semble être truquée, qui ne déchaîne pas les espérances et encore moins l’enthousiasme, avec un corps électoral dont un tiers est constitué de personnes croyant qu’un eldorado se cache derrière la porte qui est aujourd’hui fermée (extrême gauche, Hamon, Mélenchon…), avec une démagogie sans limite sur un autre bord de l’échiquier, qui nous dit que, tout seul, cela irait mieux, on n’est pas très bien, surtout avec un candidat héritier du système sortant qui se présente, tel un Lafayette nouveau, comme étant le symbole de l’alternance, en ayant cherché à discréditer la droite traditionnelle, à travers son candidat. La France n’est pas un pays pauvre, et il faut rappeler qu’on ne fait jamais une révolution le ventre vide. La France est le pays le plus jeune de l’Europe, mais c’est un peu le borgne roi dans ce royaume des aveugles. Cela donne un petit optimisme pour l’avenir, une certaine conscience que la France a des atouts pour avoir une économie dynamique au cours des prochaines années… alors que, dans le bilan personnel qu’ils tirent du dernier quinquennat, le choc fiscal, l’augmentation colossale des différentes réglementations… ont fait que les Français ont vu leur situation se dégrader, du moins, c’est leur sentiment.
Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le président sortant se trouve dans une situation d’empêchement, englué par son impopularité, par le calamiteux bilan de son quinquennat. La politique reste une passion française, et les audiences réalisées par les différentes émissions ou débats en sont encore une fois la preuve. Plus de 10 millions de téléspectateurs sont allés regarder le débat à cinq présenté par TF1, et diffusé également sur LCI et, bien évidemment, sur différents sites Internet. Plusieurs centaines de milliers d’entre eux ont réagi, sur les réseaux sociaux, aux différentes déclarations… les meetings, notamment ceux de François Fillon, sont l’occasion de rassemblements de très grosses foules, parfois supérieures à celles qui assistent aux matches de football. Il y a d’un côté une jeunesse qui entreprend, une France qui gagne, des jeunes pousses qui lèvent des fonds sur les marchés des capitaux… et une société sclérosée, totalement fermée, qui donne l’impression que les places supérieures sont totalement fermées.