Le parlementaire explique pourquoi il souhaite limiter le secret des sources pour les journalistes
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Jean-François Mancel, député LR de l’Oise : « Plein de gens constatent qu’il y a un réel engagement de la part de BFM TV ! »
Les militants LR sont remontés contre les médias et le message a bien été reçu par Jean-François Mancel, qui vient de déposer une proposition de loi pour que la levée du secret des sources des journalistes soit permise dans certains cas. Certes, cette proposition n’a aucune chance d’être adoptée, puisque l’Assemblée nationale a terminé ses travaux, mais le parlementaire a bien l’intention de la présenter à nouveau lors de la prochaine législature s’il est réélu. Il préconise également la création d’une instance de contrôle sur la déontologie de la presse. En effet, depuis quelques années, on assiste à une multiplication des mises en cause individuelles ou collectives, sans précautions ni vérifications, avec manipulation active ou passive de l’opinion publique et impossibilité, pour les intéressés, de se défendre, en raison de la protection des sources. Le député de l’Oise répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On comprend bien que l’actualité récente a guidé la proposition de loi sur le secret des sources que vous venez de présenter. Comment peut-on concilier le secret des sources qui, dans certains cas, peut être opportun, sans tomber dans l’excès comme on l’a observé au cours de ces dernières semaines ?
Jean-François Mancel : Je voulais tirer un signal d’alarme. Bien des exemples y poussent et les exemples récents y poussent beaucoup plus encore…. On ne peut pas réclamer systématiquement la transparence à tout le monde et ne pas se l’appliquer à soi-même ! C’est ce que j’ai voulu démontrer dans ma proposition de loi en disant que lorsque l’on met en cause une personne, physique ou morale, avec les conséquences que cela peut avoir et avec l’emballement médiatique que l’on a connu ces derniers jours, il est clair que l’on doit dire d’où vient l’attaque. Cela rejoint d’ailleurs une proposition de loi que j’avais déposée il y a quelques années, et que j’ai redéposée il n’y a pas très longtemps, sur les dénonciations anonymes. Si l’on a quelque chose à dire sur quelqu’un, on lui dit en face ! La protection des sources des journalistes doit être une incontestable réalité, cela fait partie de leur métier, à condition qu’elle soit conciliable avec une éthique réelle de la profession. Ce n’est pas ce que je constate, hélas, aujourd’hui.
Cela fait plus d’une trentaine d’années que de nombreux élus de droite dénoncent la partialité des médias, sous la pression aussi de votre électorat. Le phénomène s’est-il amplifié ?
Au niveau des médias nationaux, il y a d’abord l’évolution technologique qui fait que nous avons une pression permanente qui s’exerce avec les chaînes d’information continue. Quand vous entendez répéter la même chose plusieurs fois par jour sur une chaîne de télévision que vous allumez par réflexe, il est clair que vous faites l’objet d’un phénomène de conditionnement et c’est extrêmement préoccupant. Il est évident aussi qu’il y a un phénomène que j’appellerai de grégarisation : il y a très peu de journalistes qui osent dire des choses différentes de l’idée générale reçue. Ce qui veut dire que le pluralisme de l’information n’existe pratiquement plus, à partir du moment où il y a une sorte de pensée unique journalistique qui s’est installée. Chacun dit la même chose que son voisin… C’est la raison pour laquelle j’ai aussi proposé que l’on mette en place un Code de déontologie journalistique et un Conseil supérieur de déontologie, qui permettraient d’aborder tous ces sujets. Je ne dis pas cela contre les journalistes, mais je souhaite simplement que ceux qui informent, et qui ont une responsabilité considérable dans notre démocratie, puissent le faire en respectant un certain nombre de règles, notamment sur le pluralisme de l’expression ou le respect des droits des individus. Tout cela me paraît aujourd’hui très largement foulé…. C’est l’ensemble de ces graves problèmes qui affectent notre démocratie que je souhaiterais que l’on ait le courage d’évoquer.
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