Télécoms : de moins en moins de téléphones, de plus en plus de contenus et de données.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 31  mars 2017 (numéro 886) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

La bataille des contenus fait rage, celle de la construction des tuyaux aussi. Les quatre opérateurs français de téléphonie mobile et fixe, que sont Bouygues Telecom, Iliad (Free et Free Mobile), Orange et SFR (par ordre alphabétique), n’ont pas exactement la même stratégie mais, cela y ressemble. Il y a belle lurette que le petit appareil qui se trouve dans votre poche sert à autre chose qu’à téléphoner. Les bons vieux gros pavés de Motorola, les Sagem, les appareils Alcatel (One Touch), les Sony qui furent les premiers à intégrer un appareil photo ou un baladeur… c’est terminé ! Désormais, vous avez, pour la plupart d’entre vous, des « smartphones », des téléphones intelligents, qui comprennent une très grosse capacité de mémoire, sont dotés d’un appareil photo assez bon, de caméra, bien évidemment stockent de la musique, et utilisent des applications que vous pouvez télécharger, qu’elles soient ludiques (jeux), ou informatives (depuis les Pages Jaunes jusqu’aux sites des journaux, en passant par des systèmes de réservation pour un avion ou pour un horaire de train). 


Le trublion Free Mobile.

Lorsque le quatrième opérateur est arrivé sur le marché français, en bradant les tarifs (2 euros pour un petit abonnement et 19,99 euros pour un abonnement plus puissant), la plupart des opérateurs ont pensé qu’ils allaient se « refaire la cerise » en offrant la quatrième génération de téléphonie mobile, celle qui permet un assez gros débit pour les accès aux sites Internet, en permettant aux clients d’avoir ce service moyennant une rémunération complémentaire, une hausse de la facture. Nenni ! Caramba, encore raté. Progressivement, au fur et à mesure du déploiement des réseaux (ils sont quatre, d’inégale densité), la 4G est devenue une sorte d’utilité, un peu comme l’eau du robinet, on considère que c’est un dû, un service obligatoire pour tout opérateur de téléphonie mobile qui se respecte. Ce mardi, Free Mobile (filiale de Iliad) a annoncé qu’il proposait la 4G en illimité à 15,99euros par mois pour ses abonnés Freebox et qu’il doublait dans le même temps l’enveloppe données (en anglais data) de son forfait à 19,99 euros, le passant à 100 Go par mois. Les suppléments pour utilisation intensive sont en train de disparaître, alors que cela représentait, pour la plupart des opérateurs, un très bon complément de revenu.

Il faut savoir que, en moyenne, les échanges de données sur un téléphone intelligent représentent 8 à 10 Go par mois, les offres dites « illimitées » comblent la plupart des besoins des utilisateurs, en dehors de celles et ceux qui sont en permanence sur les réseaux sociaux, tels que le public jeune. Après les SMS et les MMS illimités, après les appels en direction des fixes et des mobiles également illimités, en proposant à son cœur de clientèle, ses abonnés en téléphonie fixe (la fameuse Freebox) des services d’Internet illimité, sur son réseau, Free Mobile tape une fois de plus assez fort dans la concurrence. C’est un coup publicitaire, et c’est un coup qui provoque immédiatement des réactions. Pour beaucoup de gens, l’Internet mobile est devenu naturel, lorsqu’il n’était pas en illimité, la plupart se connectaient à des réseaux Wifi d’accès libre, notamment dans les cafés. La plupart des Français n’ont plus envie de compter ce qu’ils consomment, c’est assez logique, dans une optique où l’on pense que la gratuité est quasiment l’obligation, la campagne publicitaire qui vise à nous imposer un président « jeune » style Emmanuel Macron le montre bien, il annonce des distributions, des gratuités (80 % des foyers sont prévus pour être exonérés de taxe d’habitation), sans bien évidemment songer à annoncer la partie recettes qui va obligatoirement contrebalancer cette gratuité.


Iliad veut turbuler la concurrence... et faire payer plus ses abonnés à 2 euros.

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