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Entretien exclusif avec le fondateur de la société canadienne qui va au-delà des sondages
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jérôme Coutard, PDG de Filteris : « Nos indicateurs nous permettent d’obtenir des résultats qui sont, non pas proches des sondages, mais proches du résultat des scrutins. »
Tous ceux qui s’intéressent à la vie politique connaissent maintenant le nom de la société canadienne Filteris, dont on parle dans le monde entier : en effet, contrairement aux instituts de sondages, c’est la seule qui avait pronostiqué la victoire du Brexit, l’élection de Donald Trump et la victoire de François Fillon à la primaire à droite. Spécialisée dans l’analyse des données, cette entreprise prédit depuis un mois la présence de François Fillon au second tour de la présidentielle. Elle vient de lancer le site Buzzpol.com, avec une application qui analyse chaque jour les tendances. On observe que les résultats qu’elle présente sont différents de ceux des instituts de sondages : par exemple, à la date du mercredi 22 mars, Marine Le Pen figure en tête avec 25,89 %, suivie d’ Emmanuel Macron à 22,77 %, François Fillon talonnant ce dernier avec 22,67 %. Jérôme Coutard, PDG et fondateur de Filteris, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Êtes-vous un institut de sondages comme un autre ?
Jérôme Coutard : Non, nous ne sommes pas un institut de sondages. C’est vraiment une particularité qui est la nôtre. Nous sommes une société privée canadienne, de droit canadien, et nous avons un certain nombre de clients dans tous les domaines : des banques, des assurances, des sociétés pharmaceutiques... Nous travaillons aussi pour des provinces, des régions, des États, pour analyser leur image telle qu’elle est véhiculée sur le Web et les réseaux sociaux. Nous réalisons des audits de positionnement numérique de nos clients. Pendant les élections, nous nous sommes rendu compte que nos indicateurs permettaient d’avoir une mesure juste des positionnements, c’est ce que l’on appelle le poids numérique des candidats.
En 2007, lorsque l’on nous a demandé nos résultats d’analyse d’images au moment des élections provinciales québécoises, nous nous sommes rendu compte que nos indicateurs nous permettent d’obtenir des résultats qui sont, non pas proches des sondages, mais proches du résultat des scrutins. En 2007, pour l’élection provinciale québécoise, nous avons eu un résultat très proche de la réalité, puisque nous avions un écart de 1,16 par rapport au scrutin. Cela nous a permis de constater que notre méthodologie était fiable, avec des résultats précis et certains. En 2007, pour l’élection présidentielle française, nous avons également obtenu des résultats très intéressants, avec un écart de 0,46 par rapport au scrutin. Nos indicateurs, jusqu’à présent, nous permettent d’avoir des résultats très précis dans un contexte électoral.
Pourtant, tout le monde n’est pas sur Internet, ni sur les réseaux sociaux. Un institut de sondages peut avoir un échantillon plus large en prenant en compte des personnes qui ne sont pas sur Internet… Or, la force du bruit numérique semble correspondre à l’échantillon total de la population…