Le promoteur montpelliérain lance une offre "satisfait ou remboursé"

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Marc Pigeon, président de Roxim : « Le promoteur doit avoir une dimension sociale. »

Pour la première fois en France, un promoteur immobilier lance une offre « satisfait ou remboursé » : le promoteur montpelliérain Roxim souhaite ainsi lever les freins à l’achat pour les primo-accédants à travers cet engagement jusqu’à la remise des clés du logement acquis. À tout moment, avant la remise des clés, l’acheteur peut ainsi exiger d’être remboursé de la totalité de ce qu’il a payé pour l’acquisition du bien, à l’exclusion de tous les autres frais. S’il choisit cette option, il lui restera donc à s’acquitter des frais de notaire : « Mais dans ce cas, nous devrons aussi nous acquitter des nôtres », rappelle Marc Pigeon, président de Roxim. Les biens éventuellement rachetés par le promoteur seront soit revendus, soit conservés et proposés à la location. Concrètement, ce dispositif s’adresse à des primo-accédants ayant eu recours au PTZ et dont l’apport personnel est inférieur à 40 %. Malgré le risque inhérent à une telle formule, le promoteur est parvenu à rassurer les banques sur cet engagement et il s’appuie également sur un taux de satisfaction de 94 % de ses clients. Marc Pigeon, président de Roxim, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous voulez « réparer » le décalage entre les prix de l’immobilier et le revenu des ménages. Comment peut-on construire des logements en adéquation avec les revenus de la plupart des Français, alors que les coûts des matières premières ou du mètre carré sont incompressibles ?

Marc Pigeon : Je ne peux pas toucher aux coûts de construction, effectivement, puisque les réglementations évoluent en permanence. Le problème vient donc du prix du terrain. Nous avons une approche patrimoniale, nous faisons entre 300 et 350 logements chaque année, et nous sommes très sélectifs sur les terrains. Très souvent, nous n’achetons pas les terrains pour ne pas entrer dans la surenchère. Alors, nous travaillons différemment. Par exemple, à Fréjus, nous sommes associés avec le propriétaire du terrain en lui proposant un partenariat gagnant-gagnant. Il a 30 % de la société, nous en avons 70 %, il gagnera moins sur le prix du terrain, mais il aura 30 % des bénéfices si l’opération fonctionne. À Puget-sur-Argens, nous avons fait la même démarche et nous avons donc eu des terrains un peu moins chers. J’ai aussi décidé de travailler beaucoup plus en amont avec les entreprises et les bureaux d’études, pour être le moins cher possible et, à la sortie, nous avons des résultats qui sont énormes.

Dans une résidence à Fréjus, sur 22 logements, nous en avons vendu 21 dans la journée ! Ce qui m’a fait de la peine, c’est qu’à 21 heures la veille, alors que le bureau ouvrait à 10 heures le lendemain matin, nous avons vu des jeunes arriver avec leur sac de couchage et nous avons même été obligés de prendre un vigile pour expliquer aux gens que la sélection se ferait par ordre d’arrivée... Alors, on peut être tenté de me demander pourquoi je n’ai pas vendu plus cher pour faire plus de bénéfices… En réalité, je veux simplement bien faire mon métier. Donc, on peut vendre des logements moins chers en allant vers des terrains plus économiques, en concluant des partenariats, notamment avec les collectivités locales : par exemple, une collectivité peut proposer un terrain moins cher en contrepartie d’un objectif de prix précis à destination d’un public ciblé. C’est quelque chose que j’aime bien. Il y a une autre méthode, beaucoup moins convenable à mes yeux, lorsque la collectivité locale dit : « Je ne suis pas propriétaire de mon terrain, mais vous allez vendre 2400 euros le mètre carré à des primo-accédants, et puis, débrouillez-vous… » Cela veut dire que l’on fait finalement payer une sorte d’impôt de palier par son voisin.


Avec cette stratégie, vous pouvez donc difficilement lancer des opérations dans des centres-villes ou dans des zones proches des transports en commun…

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