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La Fondation du Patrimoine lance un appel aux dons pour sauver les remparts de Talmont-sur-Gironde
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Stéphane Loth, maire de Talmont-sur-Gironde : « Un citoyen français vaut deux fois moins qu’un urbain s’il est en milieu rural ! »
La commune de Talmont-sur-Gironde, en Charente-Maritime, fait partie des « Plus beaux villages de France ». Or, un scénario catastrophe se prépare : la falaise sur laquelle est édifiée la célèbre église Sainte-Radegonde est menacée, ainsi que les remparts, en raison de l’érosion marine et des tempêtes successives. Il est donc urgent d’installer de nouvelles barrières de protection. Sinon, c’est une partie du village qui se retrouvera au fond de l’Océan. Les travaux nécessitent un financement de 1,2 million d’euros : les deux tiers sont financés et, pour le dernier tiers, le maire souhaite avoir recours à la générosité publique via la Fondation du Patrimoine, afin de permettre aux entreprises et aux particuliers de défiscaliser une grande partie de leurs dons. Stéphane Loth, maire de Talmont-sur-Gironde, évoque la situation de sa commune. Cet élu rural de bon sens dénonce par ailleurs la politique contre la ruralité menée par les gouvernements successifs depuis une trentaine d’années. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous lancez un appel aux dons pour sauver votre commune : dans quelle situation êtes-vous ?
Stéphane Loth : Nous sommes une commune touristique et rurale, avec plus de 500 000 visiteurs chaque année, puisque nous avons la particularité d’être sur un piton rocheux qui est avancé sur l’estuaire de la Gironde. On l’appelle aussi «le talon du monde » puisque c’est comme une presqu’île avancée sur l’estuaire de la Gironde. La cité a été fondée en 1284 par Édouard Ier d’Angleterre et, pendant des années, elle a servi de protection à l’estuaire de la Gironde, ce qui explique les remparts qui délimitent la commune. Ces remparts ont été construits tout autour de la commune et sur l’enrochement qui est composé d’un calcaire fossilisé. Mais ce calcaire fossilisé, avec l’érosion, les vagues et les changements climatiques, devient de plus en plus fragile. Il y a une partie des remparts qui ne tient plus du tout. Nous avons 500 000 visiteurs et nous devons chaque année revoir le périmètre de sécurité autour des remparts. En 2014, j’ai lancé une étude sur l’état de nos remparts et de la falaise : le coût de l’opération est estimé à 1,2 million d’euros.
Cette somme est beaucoup trop importante pour une commune comme la nôtre et, comme nous sommes un site classé, nous dépendons de plusieurs services de l’État. Le problème était d’abord de savoir quel était le service de l’État qui aurait pu nous aider à monter un dossier pour envisager les travaux. Impossible ! Après la tempête de 1999, nous avions été contraints de créer une première protection autour de la commune, mais rien n’a tenu avec la tempête Xynthia en 2010. Je ne souhaite pas recommencer la même chose puisqu’à l’époque nous avions simplement posé du ciment sur la falaise. Je souhaite donc installer un barrage devant la falaise, avec de l’enrochement naturel, afin de freiner les lames et les grandes vagues.
Il est clair que nous ne pouvons pas arrêter l’érosion, mais nous pouvons simplement ralentir ce phénomène. Les services de l’État me répondent chacun qu’ils ne sont pas compétents. Face à cela, je souhaite que le département et la communauté d’agglomération Royan Atlantique puissent nous aider financièrement à hauteur de 400 000 euros. La commune peut assurer un financement de 400 000 euros sur cinq ans et, pour le reste, je lance un appel au mécénat. J’ai signé une souscription de la Fondation du patrimoine qui lance un appel auprès de tous ceux qui aiment notre village de Talmont-sur-Gironde. Le chèque doit être envoyé à la mairie de Talmont et il doit être libellé exactement au nom de « Fondation du Patrimoine – Les remparts de Talmont-sur-Gironde ». Nous avons déjà des dons qui arrivent à la mairie.
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