Une levée de fonds pour accélérer la recherche sur les maladies neurodégénératives
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Olivier Julé, cofondateur et président de BioCellVia : « Nous sommes en mesure de compresser complètement la durée de développement d’un médicament sur la phase préclinique. »
Gros plan sur une MedTech française : Biocellvia. Cette jeune pousse crée des tests d’évaluation de l’efficacité des molécules en développement, donc des futurs médicaments, pour l’industrie pharmaceutique. Après de longs mois d’études et d’analyses, l’entreprise vient de valider scientifiquement sa technologie de rupture basée sur l’analyse numérique d’images et de publier au sein de la revue scientifique américaine de référence Plos One, son premier article scientifique, en collaboration avec le géant allemand de l’industrie pharmaceutique Boehringer Ingelheim. Fondée fin 2011 par le professeur Yvon Julé et son fils Olivier, BioCellVia développe et commercialise des tests de validation de l’efficacité des molécules cibles lors de la phase préclinique. Sa technologie permet de garantir aux laboratoires pharmaceutiques la fiabilité et la précision des résultats sur les molécules testées qui ont vocation à devenir de futurs médicaments.
L’innovation apportée par la technologie de BioCellVia permet de garantir une fiabilité et une précision inégalées des données, associées à un gain de temps considérable. Ainsi, cette nouvelle technologie basée sur l’imagerie numérique confère une optimisation de la prise de décision et contribue à améliorer les coûts et la durée de développement des médicaments à venir. À ce jour, BioCellVia a développé des tests d’évaluation pour la fibrose du poumon, la BPCO (maladie respiratoire) et la fibrose du foie. BioCellVia ouvre son capital à hauteur de 600 000 euros via la plate-forme d’investissement Sowefund. Cette dernière va permettre à la jeune pousse de réaliser des recherches en oncologie ainsi que pour les maladies neurodégénératives (Alzheimer et Parkinson) afin d’étendre son action. Olivier Julé, cofondateur et président de BioCellVia, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Jusqu’à présent, il fallait plusieurs années aux laboratoires pour valider une molécule. Vous avez créé un logiciel qui permet d’avancer beaucoup plus vite dans la mesure de cette évolution. Est-ce un résumé de votre innovation ?
Olivier Julé : C’est sensiblement cela. Le développement de la phase préclinique dure environ trois ans. Cette période a pour objectif de juger de l’efficacité de la molécule et, surtout, de savoir si elle est toxique ou non. Jusqu’à présent, pour évaluer l’efficacité, ce sont des scientifiques qui regardent les images au microscope et, sur la base de leurs résultats, on va statuer pour savoir si la molécule est efficace ou non. Cette phase d’évaluation visuelle se révèle être clairement un point faible, parce qu’il y a une très forte variabilité d’un expérimentateur à l’autre et un manque de précision. Ils ont une réelle difficulté pour savoir si leur molécule est active ou non. Nous avons remplacé cette phase d’évaluation visuelle par de l’imagerie logicielle qui pousse l’analyse très loin afin d’évaluer, d’une manière extrêmement précise et parfaitement fiable, puisqu’il n’y a pas de variabilité des résultats, si la molécule est active ou non. Le côté rapidité dans le traitement est un plus qui est lié à la transformation digitale mais, ce qui est vraiment fondamental, c’est la précision et la reproductibilité des résultats. Pour une étude complète, qui nécessite l’analyse d’environ 250 images, cela représente au minimum trois à quatre semaines de traitement.
Ce qu’ils ne font pas bien en trois à quatre semaines, en raison d’une forte variabilité de l’analyse d’un scientifique à l’autre, nous le faisons d’une manière extrêmement rapide, puisque nous sommes en mesure de compresser complètement la durée de développement d’un médicament sur la phase préclinique. La phase préclinique, c’est le début du développement de la molécule et la phase clinique représente la phase d’essai sur l’homme. À partir du moment où l’on estime que la molécule est efficace et qu’elle n’est pas toxique, on peut l’essayer sur l’homme. Donc, on voit bien que cette phase préclinique est fondamentale, puisque c’est celle qui permet de savoir si la molécule fonctionne ou non. Ce manque de fiabilité est l’une des raisons pour lesquelles il y a autant d’échecs de molécules en phase clinique.
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