Europe : il est temps de se ressaisir

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Arnaud Richard, député UDI des Yvelines : « Je n’ai pas vu d’électrochoc au moment du Brexit et je n’ai toujours pas le sentiment de le voir. »

On parle beaucoup des affaires, mais peu de l’avenir de l’Europe dans le cadre de cette campagne électorale. Arnaud Richard, député UDI des Yvelines, est récemment intervenu à l’Assemblée nationale pour aborder un sujet majeur : les récents propos de Jean-Claude Juncker, qui s’est montré très défaitiste. Le président de la Commission européenne a surpris tout le monde en livrant une vision extrêmement pessimiste de l’avenir de l’Europe, prédisant son impuissance et sa division, tétanisé par la tragédie continentale du Brexit, fustigeant la lâcheté de celles et ceux qui en font le « bouc hémisphère » de leurs vicissitudes nationales.

Arnaud Richard estime que « faute de politique migratoire commune, les valeurs européennes sont étouffées. Faute de cadres économiques et sociaux communs, nos entreprises sont soumises aux pires travers de la mondialisation. Faute d’une défense commune, nous serons, sans doute, les marches fragiles d’empires en mal de nouvelles conquêtes territoriales. » Mais le parlementaire va plus loin en soulignant que « le Brexit, qui aurait dû, qui aurait pu, permettre de refonder l’Europe, accélère sa division et l’affaiblit. Les déclarations agressives du nouveau locataire de la Maison Blanche n’ont malheureusement créé aucun électrochoc européen. » Selon lui, la prochaine majorité doit entreprendre des initiatives fortes dans ce domaine. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes l’un des rares parlementaires à avoir pris conscience de la portée des propos récents de Jean-Claude Juncker sur l’avenir de l’Europe. Qu’en pensez-vous ?

Arnaud Richard : Je trouve gênant que le président de la Commission européenne, d’une certaine manière, baisse les bras. J’ai travaillé à la Commission des Affaires européennes sur le plan Juncker. D’abord, personne n’y comprenait rien et personne n’y croyait, c’était une espèce de coup de bonneteau pour être élu. Mais au bout de cinq mois, le règlement est arrivé et il n’était pas simple, or, aujourd’hui, cela fonctionne relativement bien. C’est une manière de créer de l’investissement et de la croissance qui, à mon avis, restera dans les mécanismes de financement des projets. Il y a peut-être des aspects de sa présidence qui posent des problèmes, je ne sais pas, je n’émettrai pas d’avis. Mais, ce qui m’a gêné dans ses propos, c’est que l’on a l’impression qu’il baisse les bras, alors que nous avons besoin de gens qui aillent au front. Oui, l’Europe est quelque chose de compliqué, oui, personne n’est d’accord... Mais c’est justement pour ces raisons qu’il est important d’avoir un président de Commission qui soit offensif et volontariste. Il déclare dans une interview qu’il ne veut pas se représenter. D’abord, je ne vois pas l’intérêt de le dire, mais j’ai surtout l’impression qu’il baisse les bras...


Ne sommes-nous pas en train de donner raison aux souverainistes qui estiment que l’on a mal construit cette Europe dès le départ ?

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