Une école de plus en plus politisée, de moins en moins performante, et la liberté de l’enseignement attaquée !

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Frédéric Reiss, député LR du Bas-Rhin : « On a l’impression que l’école est devenue une grande cour de récréation où le vivre ensemble a pris le pas sur la transmission des connaissances. »

Frédéric Reiss, député LR du Bas-Rhin, vient de dresser le bilan du gouvernement sortant en matière d’enseignement. Selon le parlementaire, « la prétendue refondation de l’école a débouché sur des réformes idéologiques et dogmatiques qui affaiblissent notre école » et « le fossé continue de se creuser entre les meilleurs élèves et les moins bons ». Il a ainsi dénoncé le nivellement par le bas : « Les enfants en difficultés vont devoir d’abord intégrer le nouveau prédicat, puis les anciens compléments d’objet direct et indirect : c’est le choc de simplification socialiste. » La liberté de l’enseignement est également menacée puisque le gouvernement a voulu « restreindre les modalités d’ouverture des écoles et mettre en péril les bonnes conditions d’exercice de l’instruction à domicile ». Toutefois, ces deux articles ont finalement été censurés par le Conseil constitutionnel. Frédéric Reiss revient sur tous ces sujets dans l’entretien qu’il nous accordé.


L’Hebdo-Bourseplus : Les enquêtes PISA se succèdent depuis des années, pas seulement sous la gauche, et il faut bien reconnaître que le niveau a sérieusement chuté. Comment a-t-on laissé la situation se dégrader, avec ce sentiment d’impuissance face à l’échec scolaire ?

Frédéric Reiss : C’est une question ouverte et nous pourrions évoquer bien des aspects. Au départ, lorsque les tests PISA ont été lancés, on pensait que les élèves français étaient un peu déboussolés par la façon dont les questions étaient posées, d’autant plus qu’avoir des compétences à l’école n’était pas évident, puisque l’on parlait exclusivement de connaissances. Depuis la loi de 2005 sur l’avenir de l’école, les enfants savent se mettre en situation et, aujourd’hui, ce n’est pas la façon dont se déroulent ces tests au sein des pays de l’OCDE qui est contestable. On ne peut plus dire que l’on est surpris par rapport aux exigences des questions posées. Ce qui m’inquiète beaucoup, c’est que l’on n’évolue pas au niveau des sciences et on se rend bien compte qu’il y a un gros problème de compréhension de l’énoncé. Là aussi, il faut vraiment se poser la question pour faire en sorte que nos jeunes puissent avoir des éléments pour rapidement comprendre de quoi il s’agit et, ensuite, résoudre l’exercice en question sur le fond.


On a le sentiment d’avoir remplacé la transmission des connaissances par de l’idéologie, comme les valeurs de la République. Qu’en pensez-vous ?

Lorsque l’on a mis le socle de connaissances et de compétences, ce n’est pas pour rien. Longtemps, au niveau des apprentissages fondamentaux, on a été beaucoup trop superficiel. Aujourd’hui, avec tous les outils technologiques, si l’on n’arrive pas à vraiment maîtriser les fondamentaux, c’est peine perdue. Évidemment, il peut y avoir des exceptions, mais on a l’impression que l’école est devenue une grande cour de récréation où le vivre ensemble a pris le pas sur la transmission des connaissances.

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