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Contrairement à une idée reçue, le charbon a encore de l’avenir.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 10 février 2017 (numéro 879) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Aujourd’hui, le charbon est mis au ban. On nous parle de cette énergie comme étant la plus polluante, mais, dans énormément de pays, comme en Inde, en Asie du sud-est, en Afrique, en Chine bien évidemment encore et aussi aux Etats-Unis du fait de l’élection de Donald Trump, il semble que cette énergie charbonnière soit aussi l’énergie du futur et qu’elle ait encore de très belles années devant elle. Il y a eu de gros progrès technologiques, et l’innovation a permis de réduire assez fortement les émissions dans les centrales de dernière génération. Pourtant, on ne peut parler du charbon comme étant « une énergie verte », à loin près.
Que ce soit en Chine ou en Europe, il pollue, il fait des ravages sur l’environnement et sur la santé. On nous parle beaucoup de « particules fines », elles viennent pour une très petite partie des engins de transport (voitures, camions…), mais pour la plus grande part des centrales à charbon et à lignite qui se trouvent en Pologne et en Allemagne. Lorsque les vents dominants sont froids et nous viennent de la mer de Barents et de la Baltique, ils apportent ces particules au-dessus de la France, c’est ce que l’on appelle les « pics de pollution ». Lorsque les vents viennent de façon majoritaire de l’ouest, et de l’océan Atlantique, les pics de pollution disparaissent… comme par enchantement, alors qu’il n’y a aucune restriction sur la circulation, ce qui démontre bien que le charbon est le lignite sont les principaux responsables de ces alertes pollution qui peuvent toucher le nord et l’est de la France surtout, l’Ile-de-France (une cuvette), également.
Pollution... vagabonde.
Une étude publiée en septembre 2011 par Airparif sur « l’origine des particules en Ile-de-France » indique que 68 % de la pollution aux particules fines de l’agglomération provient d’autres régions, voire d’autres pays. Il ne s’agit donc pas que de l’effet des épandages agricoles et des chauffages au bois. Il ne s’agit pas non plus de l’effet unique du trafic routier, même si bien évidemment, les livraisons par camions aux moteurs anciens et l’utilisation de vieilles guimbardes peut éventuellement contribuer à la pollution… On a une importation significative, souvent majoritaire, du fait des centrales polonaises, et allemandes. Si la combustion de fioul (issu du pétrole) a fortement diminué au cours des trente dernières années pour ce qui concerne la production d’électricité, puisqu’elle est tombée de plus de 20 % dans le monde au début des années 1970 à moins de 5 % actuellement, le charbon est à l’origine de la part majoritaire de notre consommation d’électricité, et la proportion charbonnière a eu tendance à être stabilisée au cours des vingt-cinq dernières années, si elle se réduit, en faveur du gaz, et pour partie des renouvelables, cela ne sera que très progressif d’ici à 2035. Contrairement à ce que l’on a souvent dit, la consommation de charbon dans les pays riches n’a pas énormément diminué au cours des quarante dernières années. Elle ne se situe pas loin du milliard de tonnes d’équivalent pétrole chaque année. Cela vient non seulement des Etats-Unis, producteur et gros consommateur, du Canada (idem), mais aussi de l’Europe, et pas seulement en raison de l’Allemagne. En France, il n’y a plus de mines ouvertes, mais il y a toujours du charbon importé. La très forte croissance économique de la Chine comme de l’Inde a eu pour conséquence une augmentation significative de leur demande d’énergie, donc de charbon, afin de produire cette énergie, dont l’énergie électrique, via les centrales implantées un peu partout.
La consommation de charbon va encore augmenter.