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Distribution spécialisée : les perdants et les gagnants sont en train de se compter.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 3 février 2017 (numéro 878) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
L’affaire Vivarte montre bien que, dans la distribution, il y a des hauts… et des bas… Le groupe Vivarte, sous l’emprise du redresseur Patrick Puy, est en cours de démantèlement, avec la cession des réseaux Naf Naf et « Chaussures André ». Outre Internet, Vivarte, propriété de différents fonds d’investissement depuis la sortie de la famille Descours, il y a déjà de nombreuses années de cela, a subi la concurrence de nouveaux arrivants, comme le japonais Uniqlo, ou encore l’irlandais Primark.
Du coup, après une tentative infructueuse de montée en gamme, les magasins La Halle (aux vêtements, aux chaussures), ont perdu pied, et se sont retrouvés mis de côté, enfermés dans une seringue, avec un endettement fort du fait des reprises successives par des fonds d’investissement avec un effet de levier de dette, et avec des frais fixes stables (dont les loyers), alors que les recettes étaient en recul. L’affaire Vivarte, cela aurait pu très bien devenir l’affaire FNAC.
Bompard a redressé la Fnac.
Lors de la constitution de son empire de distribution, le groupe Pinault avait conquis La Redoute, le Printemps, Conforama… et aussi la FNAC. Après la cession de tout un tas d’actifs dont d’abord le Printemps, et le recentrage sur l’industrie du luxe, le groupe PPR, devenu Kering, s’était retrouvé avec la FNAC en actif distribution résiduel. Il fut décidé de s’en séparer de manière originale, via un « split off ». Les actionnaires de Kering ont reçu des actions FNAC, et cela entraîna, quasi immédiatement, des ventes de désengagement, car la confiance n’y était pas. Le titre FNAC a donc mal commencé sa carrière boursière, il est tombé d’un prix de séparation d’environ 30 euros à un prix de l’ordre d’une vingtaine d’euros, assez rapidement. Pourtant, quand on regarde le cours actuel de l’action « Groupe FNAC », à 61,70 euros environ, on s’aperçoit que les vendeurs ont eu tort de sortir.
En effet, sous la houlette d’Alexandre Bompard, qui a été fortement intéressé à la réussite de l’entreprise, le groupe FNAC a non seulement fait mieux que survivre, mais il est parti à l’offensive, avec l’appui du groupe Vivendi, qui lui a permis d’obtenir une partie des financements pour racheter le groupe Darty. Avant de partir à la conquête de Darty, le groupe FNAC a surtout réussi à restaurer une marge opérationnelle correcte, après un exercice 2012 déficitaire, et dans une tendance générale au recul des ventes tant dans le domaine des disques, DVD et CD, que dans le domaine des livres. En ouvrant ses rayons à d’autres produits comme notamment les aspirateurs Dyson, ou des machines à café, Alexandre Bompard a réussi à colmater les brèches, et à surtout stabiliser le chiffre d’affaires. La fermeture de certains magasins tels que la FNAC Bastille, le reformatage d’un certain nombre d’autres, des efforts en ce qui concerne la gestion ont permis de faire passer le résultat opérationnel de 43,1 millions d’euros à 75,7 millions entre 2013 et 2015. Le résultat net, pour sa part, est monté de 14,7 à 47,8 millions d’euros pour ce qui concerne la part du groupe. Fort de cette réussite, la FNAC était crédible dans son souci de croissance externe, qui est, ne l’oublions pas, nécessaire pour se relancer, et pour faire face à des énormes machines mondialisées telles que Amazon.