L’ancien ministre évoque le virage libéral de François Fillon

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse : « Un État qui étouffe la société, c’est un État qui appauvrit la substance dont il se nourrit. »

Gérard Longuet est sénateur LR de la Meuse. Ancien président du Parti républicain, il a notamment été président du groupe UMP au Sénat et ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Il commente l’actualité politique et il revient sur ses propositions sur le temps de travail des professeurs, qui ont fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes issu d’une droite libérale et européenne, alors que François Fillon a longtemps été proche des souverainistes et d’une droite plus étatiste. Or, il a défendu le programme le plus libéral lors de la primaire à droite. Comment analysez-vous cette évolution ?

Gérard Longuet : Mon choix pour François Fillon est d’abord un choix de conviction car, depuis 2007, notamment depuis la publication de son livre « La France peut supporter la vérité », il y a un réalisme en faveur d’une politique de liberté pour soutenir l’économie et pour redonner à notre pays toutes ses chances de réussite et, par conséquent, toutes les conditions de son indépendance. François Fillon est en effet gaulliste, il le confirme, cela ne me choque pas, parce que le gaullisme c’est la préoccupation de la France. Mais, pour qu’un pays soit fort, il ne faut pas le décréter, il faut réfléchir à la façon de le rendre fort. Et la meilleure façon de le faire, c’est une conviction sur laquelle nous nous retrouvons : c’est qu’il faut faire confiance aux Français et leur donner la liberté d’entreprendre, de gérer leur commune ou d’animer leurs associations. Bref, promouvoir le couple liberté et responsabilité comme facteur de réussite sociale.


Vous évoquez un pays fort et non un État fort : sur le plan sémantique, ce n’est pas neutre…

Oui. Un État qui étouffe la société, qui décourage l’investissement et qui fait fuir les jeunes diplômés qui vont tenter leur chance en Angleterre ou aux États-Unis, c’est un État qui appauvrit la substance dont il se nourrit, c’est-à-dire la société civile. L’État doit avoir ses missions régaliennes de sécurité et de justice, personne ne le conteste. Mais, sur la création de richesse, dans un monde ouvert, l’État doit avoir la modestie de s’effacer derrière les entreprises.

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