Une bonne année 2016 pour Vousfinancer

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Sandrine Allonier, directrice des relations banques de Vousfinancer : « Les banques ne veulent absolument pas casser la dynamique de la demande. »

En 2016, la production de crédits de Vousfinancer, réseau de 150 agences de courtage en crédit, a atteint pour la première fois 2 milliards d’euros sur l’année, en hausse de 28 % par rapport à l’exercice 2015. Cette production record est liée au contexte de taux bas qui a entraîné une forte hausse de la demande de crédits et des renégociations, mais également au recrutement de 190 collaborateurs au sein du réseau et à l’ouverture de 30 nouvelles agences. Avec une baisse des taux de près de 1 %, l’année 2016 restera marqué par la forte demande de crédit - tant en acquisition qu’en renégociation - qui devrait engendrer une production record, boostée également par le dispositif du PTZ élargi et l’investissement locatif en Pinel. Si les premières remontées de taux constatées en décembre se confirment en janvier, celles-ci pourraient rester limitées en 2017, les banques ayant la volonté de continuer à prêter autant, voire davantage pour certaines. Dans ce contexte, et avec le maintien des dispositifs existants (PTZ, Pinel), le marché immobilier devrait rester dynamique en 2017, estime Sandrine Allonier, directrice des relations banques de Vousfinancer, qui répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Les professionnels de l’immobilier considèrent que 2016 a été une bonne année. Quelle est votre opinion ?

Sandrine Allonier : L’année 2016 a été très bonne et, si l’on regarde la production globale de crédit en France, nous avons atteint les 230 milliards d’euros en 2016, contre 200 milliards l’an dernier. C’est une très forte progression qui est liée à la demande d’acquisitions, mais également à la demande de renégociations de prêts, puisque les renégociations ont représenté 35 % de la production de crédits. Chez Vousfinancer, nous allons atteindre les 2 milliards d’euros de production de crédits, avec une croissance de 28 %. Nous avons beaucoup plus performé que le marché, c’est lié au développement interne et aux recrutements que nous avons pu faire. La baisse des taux a entraîné une vague de renégociations à laquelle nous ne nous attendions pas, puisque tous les professionnels de l’immobilier étaient très prudents au début de l’année 2016 et personne ne s’attendait à une telle année.


Les taux ont été bas et les prix n’ont pas explosé non plus. On aurait pu penser que le profil des emprunteurs serait un peu plus jeune : or, celui-ci passe de 36 à 37 ans. Pour quelles raisons ?

En effet, nous avons eu globalement des très bons résultats, et, comme tous les voyants sont au vert, nous aurions dû avoir une explosion encore plus forte de la demande. Donc, il y a effectivement des freins à l’accession des primo-accédants. Le point positif, c’est que leur part est remontée : 45 % des emprunteurs en 2016, contre 40 % en 2015. Mais l’âge moyen du premier achat n’a pas évolué, on est resté à 32 ans. 36 à 37 ans, c’est l’âge moyen de tous les emprunteurs confondus, alors que 32 ans est l’âge moyen des primo-accédants. 32 ans, c’est assez tard, car on entre dans la vie professionnelle en moyenne à 25 ans. On voit bien que l’on met beaucoup de temps à accéder à la propriété, cela s’explique par le fait que 86 % des embauches se font en CDD et nous avons encore aujourd’hui une large partie des emprunteurs qui sont exclus du crédit. L’autre signal qui n’est pas très positif, c’est que grâce à la baisse des taux de près d’un point, nous aurions dû avoir une resolvabilisation des emprunteurs, et surtout des nouveaux emprunteurs qui auraient dû avoir la capacité d’acheter, même avec des revenus plus faibles. Or, même si le nombre de crédits a augmenté de 25 % chez nous, ceux qui sont devenus propriétaires ont toujours le même type de profil et de revenus. Les emprunteurs moins favorisés n’ont pas pu acheter. Finalement, ce sont ceux qui pouvaient déjà acheter qui en ont profité pour emprunter davantage sur une même durée afin d’accroître leur pouvoir d’achat immobilier. Mais nous n’avons pas eu de nouveaux emprunteurs sur le marché.

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