⟵ Retour
Un marché fluide et des prix en hausse
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents : « Les gens n’ont absolument pas idée du niveau d’investissement et de sophistication qu’il y a derrière nos outils. »
MeilleursAgents aide les particuliers à réussir leurs projets immobiliers en leur apportant la meilleure information possible sur le marché, les prix et les agents immobiliers. La technologie de MeilleursAgents lui confère incontestablement la meilleure expertise sur le prix du mètre carré en France. En 2016, et pour la première fois depuis cinq ans, les prix ont augmenté dans neuf des onze plus grandes villes de France. Cette hausse s’est amplifiée en cours d’année en faisant émerger un groupe de tête, avec Lyon (+ 6,6 %), Bordeaux (+ 5 %), Paris (+ 4,6 %) et Nantes (+ 3,6 %). Le bilan 2016 du marché immobilier, publié par MeilleursAgents, indique que par rapport au dernier plus haut du marché en 2011, huit des onze plus grandes villes de France ont aujourd’hui des prix supérieurs. Seules exceptions : Paris, dont les prix avaient excessivement monté́ en 2010 et 2011, et sont encore en retrait par rapport à juin 2011 (- 7 %), Strasbourg qui est proche de l’équilibre (- 3 %) et Marseille qui marque un recul très net (- 14 %). A l’opposé du classement, les augmentations des prix affichés sur cinq ans par trois villes de l’Ouest : Toulouse (+ 10 %), Rennes (+ 10 %) et surtout Bordeaux (+ 17 %) témoignent de leur forte attractivité́ (emploi, rénovation urbaine, travaux d’infrastructure).
Partout ailleurs, les prix ont grimpé́ depuis 2011, mais dans des proportions plus modérées. Sans revenir sur la mécanique du marché immobilier dopée par la baisse des taux, MeilleursAgents cite des chiffres intéressants sur la demande, qui ne semble pas aussi vigoureuse qu’on la présente fréquemment : « En 2011, nous comptions, en moyenne, 3,5 acheteurs pour un bien mis en vente. Au plus bas, en 2014, ce chiffre était inférieur à 1. En 2016, il est remonté à 1,2 mais il reste loin d’un marché équilibré qui devrait compter 2 à 3 acheteurs en recherche active pour un bien en vente ». Malgré l’augmentation du volume de transactions, attendu à un niveau record d’au moins 850 000 en 2016, la proportion des ménages français ayant acheté un bien ancien en 2016 (3 %) est d’ailleurs légèrement inférieure à celle de la période 2000-2007 où 3,2 % des ménages français avaient effectué une acquisition. Pour 2017, MeilleursAgents table sur des évolutions de prix comprises entre 0 et̀ + 3 %, avec un volume de transactions de 830 000 à 850 000 dans l’immobilier résidentiel ancien. Sébastien de Lafond, fondateur de MeilleursAgents, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Certains grands réseaux immobiliers affirment que 2016 a été une année exceptionnelle. Partagez-vous cette opinion ?
Sébastien de Lafond : Non, 2016 n’a pas été une année exceptionnelle. J’ai entendu cela partout, mais je n’utiliserai pas ce terme. J’ai trouvé que c’était une bonne année, mais elle n’a pas été exceptionnelle. Nous sommes sur un marché de cycles et nous sortons d’un cycle de cinq ans assez compliqué, avec des baisses de prix et de volumes. Aujourd’hui, nous sommes effectivement dans le vert dans une majorité de grandes villes, mais ce n’est pas non plus avec des progressions de 10 ou de 15 %, nous sommes plutôt entre - 0,9 % et + 0,6 %… Si l’on regarde la situation dans les campagnes ou dans les zones rurales, on n’est toujours pas sorti du bois : c’est mieux en termes de volume, mais seulement à hauteur de 5 % ! Quand on rapporte ce chiffre à l’augmentation de la population, on est dans un marché qui n’est pas aussi fluide qu’entre 2000 et 2007. Il faut donc relativiser et le niveau de la demande ne correspond pas du tout à celui que nous observions il y a quelques années.
On entend formuler des propositions comme l’idée de taxer les propriétaires qui auraient fini de payer leur crédit immobilier, tandis que la question de l’ISF reste encore un sujet tabou chez de nombreux politiques. Tout cela peut-il avoir un impact ?