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L’idée de taxer les propriétaires commence à faire son chemin
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-François Buet, président de la FNAIM : « On est dans cette posture politique proche du marxisme où, systématiquement, celui qui est propriétaire est celui qu’il faut viser. »
Dans notre précédent numéro, Jean-François Buet évoquait le bilan de l’année 2016 dans le domaine de l’immobilier. Cette semaine, nous abordons un sujet sensible : le projet de taxer les propriétaires lorsqu’ils auront remboursé leur crédit. Cela fait plusieurs années que certains milieux de gauche, comme la fondation Terra Nova, recommandent l’instauration d’une telle mesure. Or, une étape vient d’être franchie, puisque c’est un organisme gouvernemental, France Stratégie, qui préconise cette taxation dans un rapport sur la fiscalité du logement. Jean-François Buet, président de la FNAIM, est scandalisé par cette éventualité. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment réagissez-vous à cette idée de taxer les propriétaires qui n’ont plus de crédit sur leur logement ?
Jean-François Buet : On pousse le bouchon un peu trop loin ! On a l’impression que le propriétaire est quelqu’un qui a tous les avantages, que le locataire a tous les inconvénients, et que l’immobilier n’est pas assez fiscalisé. Nous avons la fiscalité la plus élevée d’Europe en matière de logement ! On pourrait se dire, sur le plan philosophique, que le propriétaire qui a remboursé son prêt pendant 20 ans ne paie plus rien, alors que le locataire paie… Oui, mais d’abord, ce n’est pas le même montant. En plus, le propriétaire a dû faire un effort considérable pendant 15 ou 20 ans et il ne faut pas oublier que le propriétaire paie un impôt que le locataire ne paie pas : c’est la taxe foncière. Depuis 10 ans, contrairement aux prix qui sont revenus au niveau de 2006, la taxe foncière a augmenté de 58%.
Alors, on va nous dire que les collectivités territoriales ont besoin de financement avec la décentralisation. Mais est-ce au logement de payer le financement des collectivités territoriales ? Entre l’augmentation des taxes d’habitation, l’augmentation des taxes foncières, les frais de mutation qui sont les plus élevés d’Europe et la fiscalité sur les plus-values immobilières qui est la plus complexe au monde, on voit bien que nous avons une fiscalité qui est déjà très forte. Donc, réinventer un nouvel impôt, il n’en est pas question. Vouloir un impôt sur les loyers fictifs relève d’une posture politique et la FNAIM n’est pas là pour faire de la politique. On peut examiner toutes les propositions mais, si c’était le cas, il faut remettre à plat toute la fiscalité parce que, sinon, nous allons finir par avoir des propriétaires vaches à lait des collectivités territoriales...
Dans ce contexte visant à taxer le possédant face à celui qui n’a pas, on peut envisager de taxer la personne qui cultive son potager dans son jardin par rapport à celle qui achète ses fruits et légumes au marché… Ou taxer les propriétaires de voitures par rapport à ceux qui prennent les transports en commun…
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L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
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