Un parlementaire dénonce une volonté politique de mettre fin à la ruralité

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Bernard Reynès, député LR des Bouches-du-Rhône : « Les normes ne doivent pas être les mêmes en milieu rural ou en milieu urbain, car elles sont actuellement faites pour les milieux urbains. »

Bernard Reynès est maire de Châteaurenard et député LR des Bouches-du-Rhône. Cela fait plusieurs années qu’il s’intéresse au développement de la ruralité et il s’insurge contre l’adoption d’un amendement déposé par le député socialiste Patrick Menucci concernant la fusion du département des Bouches-du-Rhône avec la métropole Aix-Marseille. Selon Bernard Reynès, l’autre France, celle des villages de moins de 5000 habitants, 82 % de notre territoire, est en train d’être intégrée de force dans les métropoles, « ces fameuses monstropoles, au mépris de tout respect d’une histoire propre ». Il souligne que « la ruralité, c’est la France qui souffre, ce sont les agriculteurs qui n’en peuvent plus et qui se suicident, ce sont les petits commerces qui ferment, les centres de villages qui se vident, des personnes âgées qui se retrouvent seules, sans même pouvoir se soigner et qui, par dignité, n’osent même pas faire appel aux Restaurants du Cœur ! » Enfin, « quand l’État investit plus de 40 milliards d’euros dans les banlieues, il n’y a rien pour les zones rurales ». Bernard Reynès vient de prononcer un véritable réquisitoire pour la défense de la ruralité. Nous l’avons interrogé sur ce sujet.


L’Hebdo-Bourseplus : D’un côté, les communes rurales se plaignent de ne plus être écoutées et respectées et, de l’autre, on oblige les communes moyennes à aller vers des grandes agglomérations… Est-ce la photographie qui semble se dessiner ?

Bernard Reynès : Oui. J’ajoute qu’il y a une nouvelle perspective depuis la semaine dernière, puisqu’il a été proposé la création de cette nouvelle métropole à travers la fusion du département des Bouches-du-Rhône avec la métropole Aix-Marseille. Donc, je suis encore plus pessimiste et plus inquiet ! J’ai peur d’un nouveau maillage du territoire qui se ferait à coups de métropolisation forcée. Le plus grand danger, ce serait de priver ces espaces ruraux du département, parce qu’il y a aussi un danger de voir les métropoles aspirer les départements. L’exemple de Marseille est patent, avec cette tentative de ne faire qu’une seule intercommunalité, c’est-à-dire une métropole à l’échelle départementale, afin d’y faire fusionner le Conseil départemental. Je vais interpeller François Fillon sur ce sujet, car il faut une prise de conscience : nous risquons de tuer la ruralité !

La ruralité a besoin de prises de décision de proximité et de maires qui aient des vrais pouvoirs. Le fait métropolitain est inexorable et, plutôt que de voir les métropoles aspirer progressivement cette ruralité comme une espèce de trou noir, je propose qu’il se crée de nouveaux rapports entre la ruralité et les métropoles. Il va falloir réfléchir et prendre son temps pour qu’il y ait, non seulement une articulation entre les métropoles et la ruralité, mais aussi des contrats de ruralité entre les métropoles et le tissu rural qui les entoure. Cette réflexion est devenue une priorité et je pense qu’elle est un peu trop absente des programmes électoraux, alors que c’est un problème qui est devant nous et qui risque, non seulement de changer notre paysage institutionnel, mais je dirais presque de le casser...


Comment peut-on en arriver là, alors que les Français restent toujours très attachés à la ruralité ?

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