Veolia Environnement : coup de grisou boursier en 2016, est-ce vraiment justifié ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 janvier 2017 (numéro 874) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Depuis le début de l’année 2016, le titre Veolia a perdu 27 % en Bourse. Alors que l’entreprise s’était refait une santé financière au cours des trois dernières années, elle cale de nouveau, même si elle n’est pas tombée en dessous de 8 euros comme lors de sa précédente baisse, elle s’est retrouvée sous pression, plus du fait de fantasmes que du fait de la réalité. Les analystes financiers ont jeté le bébé Veolia avec l’eau (recyclée) du bain ! Chez Oddo & Cie, là où l’objectif de cours était à 25 euros, il est revenu à 18,10… l’analyste financier considère que Veolia sera marqué par les effets négatifs de l’indexation sur l’inflation des contrats Eau en France, plus des risques de renégociation avec une pression à la baisse sur les marges en ce qui concerne quelques contrats internationaux qui arrivent à échéance. Sans faire de jeu de mots, on a l’impression qu’Oddo « découvre l’eau tiède ».

Depuis toute éternité, Veolia Environnement, à travers sa filiale Générale des Eaux, a des contrats qui sont, à leur échéance, renégociés, soumis à de nouveaux appels d’offres. Il y a toujours des pressions à la baisse sur les marges, ce n’est pas une nouveauté. Bien évidemment, le groupe le sait, et il fait attention à réduire ses coûts, de manière à avoir une rentabilité correcte, laquelle rentabilité est indispensable pour ses investissements futurs. 


Antoine Frérot a fait un gros ménage dans le bric-à-brac.

Il faut un temps où Veolia était une sorte de bric-à-brac, avec des activités de transport urbain, ou d’autres activités qui n’avaient pas grand-chose à voir avec ses activités principales qui sont le traitement des eaux et la propreté. Depuis l’arrivée de M. Frérot à la tête de Veolia, un énorme ménage a été fait, l’entreprise s’est désendettée, et l’on a eu une série assez intéressante de bonnes nouvelles, qui semblent aujourd’hui être niées par un grand nombre d’analystes financiers. Ce qui a intrigué beaucoup d’analystes financiers, sur Veolia, c’est l’annonce, il y a quelques mois de cela, d’une vente partielle de la participation de la Caisse des dépôts, laquelle est descendue à 4,62 % du capital. Le groupe industriel Marcel Dassault est un peu en dessous de 5 %, les salariés du groupe détiennent également environ 5 %, en réel, Veolia Environnement est une entreprise opéable, qui reste néanmoins, malgré sa faible valorisation boursière de 9 milliards d’euros désormais, le numéro un mondial des prestations de services à l’environnement. Il faut rappeler que plus de 45 % du chiffre d’affaires de Veolia vient des prestations de services liées à l’eau, là encore, l’entreprise est numéro un mondial. Il s’agit de prestations d’assainissement, de distribution d’eau potable, de prestations d’ingénierie, de conception et de construction d’installations de traitement des eaux, de réseaux de distribution…

La deuxième activité de Veolia, ce sont les services de propreté. Là encore, le groupe est numéro un mondial. Il nettoie et maintient des sites industriels, il s’occupe de la dépollution de sols, du ramassage, du tri, et du recyclage de matières, du traitement et de la valorisation des déchets par compostage, incinération et stockage, l’entreprise est également présente sur l’entretien des espaces publics, sur un certain nombre d’endroits. L’entreprise de l’avenue Kléber à Paris 16e, n’est pas un nain dans la propreté, c’est une entreprise consolidatrice, de toute date, qui représente un enjeu significatif, qui pourrait d’ailleurs être séparé des prestations de services liées à l’eau, si un jour il y a rachat de Veolia par des fonds spécialisés. Une troisième activité principale vient des services énergétiques, à travers Dalkia, l’entreprise Veolia y est, via sa filiale, le numéro un européen pour ce qui concerne la gestion déléguée de réseaux de chauffage et de climatisation urbains, la gestion de services thermiques, multitechniques (conception, réalisation, maintenance des installations, exploitation de systèmes thermiques…), ou encore des prestations industrielles, et tout ce qui peut concerner la gestion globale de bâtiments comme de l’éclairage public, Dalkia est une affaire importante et rentable également. Le bric-à-brac a quasiment disparu ! Cela explique le fait que Veolia, qui frôlait les 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2011 et en 2012, se trouve désormais plus proche de 25 milliards, après un point bas à 22 milliards en 2013.

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