Dividendes, les bonnes et les mauvaises surprises qui sont à attendre pour 2017 et 2018.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 23 décembre 2016 (numéro 872-873) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Il y a quelques années, le marché, malgré son gros dividende, avait enterré l’action Orange (ex-France Telecom), car il l’estimait complètement impossible de continuer à payer un très gros dividende tout en, en parallèle, investissant lourdement dans de nouvelles technologies (fibre, 4G…), et en se désendettant. Lorsque le groupe Orange a décidé d’abaisser son dividende à 0,60 euro, le titre a retrouvé de l’altitude, car il était redevenu crédible. Toujours dans le secteur para-étatique, EDF est aujourd’hui à la cave, boursièrement parlant, tout simplement parce que le marché ne croit pas qu’il soit possible, dans les années à venir, d’investir lourdement au Royaume-Uni, de payer la reconfiguration et la modernisation de toutes les tranches des centrales nucléaires françaises, et d’investir en parallèle sur le réseau de distribution (RTE), sans oublier bien sûr le développement sur les pays étrangers où le groupe EDF est implanté. 


L’Etat glouton a pillé EDF.

L’Etat glouton a non seulement ponctionné fortement la société EDF au titre de l’impôt sur ses bénéfices, mais a exigé des dividendes d’autant plus importants qu’il a incité l’entreprise à créer une prime de 10 % sur le coupon à condition que les actions soient inscrites au nominatif depuis au moins deux ans, seul l’Etat était dans ce cas de figure, du coup, l’Etat s’est adjugé une prime de 10 % sur ces dividendes, ce qui représente tout de même pas loin de 200 millions d’euros ! On le voit, les distributions de dividendes peuvent être la meilleure comme la pire des choses. C’est la meilleure des choses lorsque l’entreprise a de très gros revenus, dégage des bénéfices, et sort des capacités d’autofinancement libre, après investissement, qui lui permettent de distribuer largement à ses actionnaires.

Pour EDF, qui devrait dans un temps prochain ramener son dividende quelque part entre 0,70 et 0,90 euro, il y a capacité de persister à distribuer un dividende, même s’il est plus modeste, tout en faisant face à ses différentes obligations, surtout si, au final d’un investissement supérieur à 8,5 milliards d’euros, le chantier EPR de Flamanville est enfin terminé dans les temps, avec une centrale qui devient productrice de cash plutôt que de coûter de l’argent ! Dans l’énergie, son concurrent Engie (où l’Etat détient encore 35 % du capital), est également dans le même cas de figure. L’ancien GDF Suez se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, avec une transformation qui commence tout juste, avec des soucis sur ses centrales nucléaires en Belgique, et, de surcroît, des interrogations sur la capacité de produire et de distribuer davantage d’électricité dans les années à venir, alors que l’industrie en consomme moins en Europe, par amélioration de l’efficacité comme par transfert d’une partie de plus en plus significative de la production vers d’autres pays que l’Europe. Filiale d’Engie, GTT (Gaztrans. Technologies), a des revenus récurrents, par son savoir-faire sur les membranes permettant aux méthaniers de transporter le gaz liquide sans réchauffement, ou presque, et se trouve dans une situation agréable de quasi-monopole sur ces technologies.


GTT : Engie a besoin de faire remonter le cash.

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