Recylex, Derichebourg : des "mines" de recyclage à pas cher.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 16 décembre 2016 (numéro 871) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Le titre Recylex alterne, depuis plusieurs années, les bonnes et les mauvaises nouvelles. Cette entreprise, dont le principal actionnaire se trouve être le géant minier Glencore, a annoncé mi-septembre des résultats semestriels finalement très corrects pour le premier semestre de 2016, et ce, pourtant, dans un contexte ultra-difficile en termes de prix. Le groupe Recylex est, comme son nom l’indique, un recycleur de métaux, avec en grande partie une activité de cassage de batteries anciennes, ce qui lui permet de récupérer les matières premières qui sont à l’intérieur. Le groupe Recylex traite également des déchets industriels, et là, la conjoncture industrielle est consubstantielle à la production de déchets, si la production est médiocre, il y a peu de déchets à traiter, si la production est forte, le volume des déchets est élevé. Qui dit volumes faibles dit non-saturation des outils de recyclage, à l’inverse, lorsque les volumes à traiter sont corrects, outre l’impact éventuel des prix, il y a une bonne saturation de l’outil, donc un passage du seuil d’équilibre, et souvent des marges très importantes.
Alors que le groupe avait eu un résultat opérationnel courant traité en pertes de 700.000 euros environ au premier semestre de 2015, malgré un recul de 15 % du chiffre d’affaires entre le premier semestre de 2015 et les six premiers mois de l’exercice 2016, puisque l’activité est tombée à 167,8 millions d’euros, le résultat opérationnel courant retraité a été équilibré, avec un bénéfice de 100.000 euros. C’est une amélioration qui relève de l’exploit, mais, le marché n’en a pas vraiment tenu compte. En termes de résultat opérationnel EBITDA consolidé, il y a également une amélioration, qui est encore plus spectaculaire puisque la perte de 2,8 millions d’euros constatée au premier semestre de 2015 est devenue un quasi-équilibre, avec une très légère perte de 0,1 million d’euros seulement. Quelques jours après la publication de ces bons résultats, patatras, une « chambre de justice » (conseil de Prud’hommes de Lens), a condamné Recylex à indemniser 22 anciens salariés cadres non protégés de son ancienne filiale en faillite depuis plus de dix ans, Metaleurop Nord, pour un montant global de 213.000 euros.
Amélioration sensible du résultat dès le S1.
Il faut savoir que le classement du site de Metaleurop Nord parmi les établissements ouvrant droit à la location de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante n’a pas encore fait l’objet d’une décision définitive devant les juridictions administratives. Il est assez surprenant, sur le plan juridique, de voir un actionnaire d’une entreprise qui a disparu être condamné pour un préjudice qui n’était pas établi, touchant des salariés qui ne le concernaient pas. Mais nous sommes dans la « République bananière de France », avec une pseudo-justice, qui, dans le cadre du dossier Recylex, n’a cessé de souffler le chaud et le froid, surtout sur le dossier de son ancienne filiale. Il semble pourtant que l’entreprise aille mieux, puisque, peu près cette histoire prud’homale, il y a eu la communication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, qui s’est élevé à 97,2 millions d’euros, soit une inversion très sensible de la courbe constatée au premier semestre. En effet, alors que le premier semestre avait une activité en recul de 15 %, sur le troisième trimestre, c’est une croissance, faible bien sûr, mais tout de même plus 1,14 % par rapport à ce qui fut constaté au troisième trimestre de l’exercice 2015.
Le groupe Recylex, d’ici à la fin de l’année, travaille d’arrache-pied à permettre la levée des conditions suspensives du projet de financement du périmètre allemand, afin de les finaliser dans le cadre de l’exercice 2016 ou dans les tout premiers jours de l’exercice 2017. Au tout début du mois de juillet, Recylex avait fait savoir que ses filiales allemandes avaient reçu une offre conditionnelle de prêt. Un pool bancaire s’est mis d’accord pour fournir l’intégralité de l’enveloppe de financements recherchés, qui s’élève à 67 millions d’euros, et qui vise à couvrir à la fois les besoins en fonds de roulement des filiales allemandes du groupe (pour 17 millions d’euros), ainsi que les dépenses d’investissements prévisionnels, lesquels investissements sont stratégiques afin de pérenniser leurs activités, pour une somme de 50 millions. Les banques prêteuses ont demandé une garantie spécifique pour ce qui concerne le financement des dépenses d’investissement, auprès de la région de Basse-Saxe, en Allemagne.
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