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Carrefour : la Chine pèse négativement. Le géant a replongé.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 9 décembre 2016 (numéro 870) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Depuis le début de l’année 2016, le titre Carrefour est en baisse, de presque 20 %, et il ne semble pas y avoir aujourd’hui beaucoup de nouvelles qui puissent faire rebondir le titre, l’effet « Georges Plassat » semble avoir fait pschitt... Pourtant, cela avait bien démarré ! Longtemps cantonné à une fourchette 13-16 euros, le titre avait été de nouveau à la mode, remontant ponctuellement au-dessus de 33 euros, il y a à peine plus d’un an et demi de cela. Cela tombe bien, cela vous aura permis de sortir, entre 30 et 32 euros, pas au plus haut, mais avec les poches bien remplies puisque je vous avais conseillé d’acheter lorsque le titre était en dessous de 16 euros.
Actionnariat recomposé.
La montée en puissance de la famille brésilienne Diniz, qui détient désormais plus de 11 % du capital, la raréfaction du flottant, puisque le groupe Arnault, en coordination avec Colony Capital, détient environ 13 %, sans compter la participation résiduelle des familles Halley et autres familles issues des fondateurs de Carrefour… on aurait pu penser qu’il puisse y avoir, sur le marché, une revalorisation plus conséquente de l’entreprise. Cela n’a pas été le cas, car personne ne sait vraiment où se dirige le groupe Carrefour, toujours attaqué sur son précarré français, toujours déficitaire sur le marché chinois. Le groupe Carrefour a été forcé de céder un certain nombre d’actifs, au Portugal, en Asie du sud-est, dans d’autres pays d’Europe… pour se désendetter, tout en essayant, en même temps, souvent en franchises, de continuer son implantation à l’international, notamment au Moyen-Orient. Carrefour reste le numéro deux mondial de la grande distribution, c’est le numéro un européen, avec un chiffre d’affaires d’environ 77 milliards d’euros, et de plus de 100 milliards d’euros lorsque l’on tient compte du chiffre d’affaires réalisé sous les différentes enseignes qu’il détient.
Bien sûr, du fait du désendettement, du fait aussi du refinancement de la dette, les frais financiers auront été divisés par presque deux entre 2012 et 2016. Bien sûr, l’entreprise aura un résultat opérationnel d’environ 1 milliard d’euros supérieur en 2016 à celui constaté en 2012, à chiffre d’affaires à peine augmenté. Ceci dit, les grands groupes de distribution, et Carrefour n’est pas seul, souffrent tous de l’absence d’inflation, et de la guerre des prix qui s’est déclenchée un peu partout en Europe. Le groupe n’était pas présent au Royaume-Uni, bien lui en a pris ! Dans ce territoire, les enseignes allemandes Aldi et Lidl ont fait des dégâts, et ont mis par terre le groupe Tesco, qui a bien du mal à se redresser. En Espagne, où la guerre des prix a été particulièrement intense, c’est Dia, son enseigne discount, qui a pris son indépendance depuis, qui mène la danse, même si Carrefour a racheté les magasins Dia français, il s’agissait d’une activité déficitaire, cela n’a pas été une affaire simple à gérer !
En France, Leclerc et Casino sont à l’offensive.