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Vinci, un géant... déstabilisé par un faux communiqué.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 décembre 2016 (numéro 869) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Il aura suffi d’un faux site Internet, d’un faux communiqué, pour que le titre Vinci, qui n’était pas spécifiquement sur-valorisé, abandonne pas loin de 20 % en quelques minutes, avant de se reprendre partiellement à la clôture de la Bourse de Paris mardi. Que s’est-il donc passé ?
L’enquête (ne faisons pas confiance à la sulfureuse AMF, c’est plus sûr) le dira peut-être, mais, selon mes informations, un groupe d’activistes, spécialisés en informatique, a recopié le site Internet de Vinci, assez habilement d’ailleurs, et a diffusé un communiqué auprès d’une liste de journalistes spécialisés indiquant que la société avait « licencié son directeur financier », et qu’elle annonçait des pertes assez lourdes, ce qui a fait l’effet d’une énorme douche froide sur le marché. Est-ce pourtant quelque chose d’extraordinaire ? Il y a, dans les services de construction, de concessions et de services associés, des survaleurs, des risques, et des potentielles mauvaises surprises, tout le monde le sait.
Les gauchistes anti-NDDL soupçonnés.
Qui sait, aujourd’hui, si le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL, entre Nantes et Rennes) débouchera, ou non ? Personne ! Si les juristes de Vinci ont bien bouclé leur contrat, avec plusieurs centaines de millions d’euros d’indemnisation en cas de non-construction dudit aéroport, il faut savoir que l’autorité de l’Etat étant bafouée sous Flanby Ier, la zone est toujours occupée par des activistes gauchistes… qui ont décidé, visiblement, mais peut-être qu’ils sont innocents, de faire une sorte de pied de nez au numéro un mondial du BTP. Vinci n’a pas que des amis ! Le groupe dirigé par M. Xavier Huillard, cherche, comme tant d’autres groupes, à maximiser son profit, car il ne faut pas oublier qu’il a comme principal actionnaire l’ensemble des salariés de l’entreprise. Pour les salariés, le dividende est indispensable pour compléter le revenu, cela peut représenter plusieurs mois de salaire, ce n’est pas du tout à négliger. Il y a eu très récemment une polémique à propos de la tour Saint-Gobain.
Le groupe Vinci est en charge de la construction de cette tour de 39 étages, qui est en cours de construction dans le quartier d’affaires de La Défense. Pour réaliser les façades vitrées de l’ouvrage, il a récemment choisi l’entreprise turque Metal Yapi, tout simplement parce que, dévaluation de la livre turque oblige, elle a consenti à des prix anormalement bas, du moins selon les façadiers français qui ont été évincés du marché. Au-delà d’un cas isolé, puisqu’il s’agit quand même de 25.000 m² de façades vitrées, et d’une « vitrine » pour les fabricants de fenêtres, vérandas et façades en aluminium installées en France (185 entreprises), il semble que Vinci soit coutumier du fait et recourt presque systématiquement à la sous-traitance étrangère, avec parfois des pratiques qui ne sont pas glorieuses ! Vinci est un lobbyiste tout à fait efficace. Récemment, en contrepartie d’une vague de travaux visant à élargir ou à améliorer son réseau d’autoroutes, le groupe a obtenu une augmentation significative des péages, qui sera de 0,76 % au 1er février prochain (plus 0,6 % à plus 1,2 % selon les réseaux).