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Trump, et alors ? (de la Trump tower au Trump power)
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 18 novembre 2016 (numéro 867) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Les médias sont de gauche, à quelques rares exceptions, vous commencez à le savoir. Du coup, par le phénomène des « prophéties auto réalisatrices », le système ultra-corrompu de la presse nord-américaine et de la presse française (la même mais en pire), nous a bassinés, pendant des mois et des mois, sur l’horrible M. Trump, sur le diable réincarné… sur l’« homme incapable de diriger l’Amérique ». Cela n’a visiblement pas effrayé le corps électoral et, lorsque l’on regarde l’écart en nombre de suffrages comme le nombre d’états emportés, la victoire de Donald Trump est incontestable. Pire, la candidate démocrate, la très corrompue Hillary Clinton, se retrouve avec des pertes significatives sur des états traditionnellement fidèles à son parti, ce qui montre bien que, comme pour le PS en France, la gauche américaine a perdu tout contact avec la réalité.
Bien évidemment, la presse française parle de vote anti-élites, mais oublie que les élites ont trahi, et il y a tout simplement, aux Etats-Unis d’abord, au Royaume-Uni lors du Brexit, une sorte de sursaut populaire qui a dit, très solennellement mais vraiment franchement, que dans une démocratie, s’essuyer les pieds sur le peuple, c’est plus qu’une faute de goût. En gagnant la quasi-totalité des états clés, dont l’Ohio, la Pennsylvanie, et les états des Grands Lacs, Trump montre bien qu’il incarne, sinon à la perfection, du moins assez totalement, une Amérique qui a peur d’être déclassée, et qui est victime de la mondialisation.
La mondialisation heureuse a voté Clinton.
Lorsque l’on regarde les poches bleues, celles qui ont voté en faveur d’Hillary Clinton, on trouve les zones côtières, qui sont les grandes gagnantes de la mondialisation, comme l’Oregon, l’état de Washington, la Californie, la Virginie, l’état de New York et les états de la côte est, encore très attachés au mythe de la vieille Europe. Mardi matin, dans La Lettre La Bourse, j’avais écrit : « le bilan économique des huit années d’Obama est glorieux. Pourtant, l’économie n’est pas le thème principal du choix. Endettement des jeunes étudiants, dette publique au sommet, crainte d’une explosion des dépenses fédérales avec la montée en puissance de la Sécurité sociale installée par Obama… ont davantage d’effet sur l’électeur moyen que les 6 millions d’emplois (nets des suppressions) créés au cours des sept dernières années. De janvier 2007 à décembre 2011, plus de 4 millions de foyers ont été expropriés et plus de 8 millions de foyers sont toujours en situation délicate vis-à-vis de leur crédit immobilier. » […] La diabolisation de Donald Trump a fait que les sondages, comme je l’ai souvent écrit, ont beaucoup sous-estimé son score électoral.
La population qui se déplace vers les urnes croit en quelque chose, ou tout du moins veut croire en quelque chose. Son espérance, aux Etats-Unis comme un peu partout en Europe, c’est d’avoir l’assurance que ses enfants vivront au moins aussi bien qu’eux-mêmes, si ce n’est mieux. Cela s’appelle « la notion du progrès ». Aux Etats-Unis, sur les dix ou quinze dernières années, on ne peut pas dire que cette notion ait été vraiment partagée. L’analyse que j’ai faite lundi soir lorsque j’ai rédigé cette page Une de La Lettre La Bourse numéro 1520 publiée en fin de matinée mardi est frappée au coin du bon sens. Il est intéressant de regarder en détail le programme du nouveau président des Etats-Unis et de voir s’il a des chances d’être réalisé, et quel en sera l’impact pour les entreprises nord-américaines, et, par ricochets, via leurs filiales locales, pour les entreprises cotées à la Bourse de Paris.