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Notre système de protection sociale est-il encore viable ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Dominique Tian, député LR des Bouches-du-Rhône : « Il suffira d’une décision de justice pour entraîner la mort de la sécurité sociale. »
Dominique Tian, député Les Républicains des Bouches-du-Rhône, estime que les récents propos de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, sur le sauvetage de la Sécurité sociale, relèvent du « mensonge d’État ! ». Le parlementaire, qui connaît bien ce sujet, affirme que le trou de la sécurité sociale s’élèvera à 152 milliards d’euros à la fin de l’année 2016, alors que viendront s’y greffer la dette des hôpitaux qui est de 30 milliards d’euros et celle des régimes spéciaux, qui dépasse les 6 milliards d’euros. A l’Assemblée nationale, le parlementaire s’est montré très virulent à l’égard de la ministre des Affaires sociales et de la Santé : « Vous êtes tellement aux abois que vous restreignez même l’aide aux demandeurs d’emploi qui veulent sortir du chômage en créant leur propre entreprise. Vous vous en prenez aussi à l’économie collaborative, dite économie de partage.
Toute personne qui, à partir du 1er janvier 2017, mettra en location sa voiture, son camping-car, son bateau ou son combi – pour faire plaisir à Monsieur Ayrault – devra obligatoirement, lorsqu’il en retirera des revenus supérieurs à 3800 euros par an, se déclarer comme un professionnel et s’affilier au régime social des indépendants dont chacun connaît la réputation. Alors que les personnes concernées paient déjà des impôts sur ces revenus, elles devront donc payer en sus, et dès le 1er avril 2017, des cotisations. Vous êtes tellement aux abois que vous avez failli taxer les chèques-vacances versés par les comités d’entreprises aux salariés. Vous n’y avez renoncé qu’au dernier moment, sous la pression populaire.»
Christian Eckert, secrétaire d’État chargé du budget et des comptes publics, a tenté de justifier la position du gouvernement : « Personne n’émettrait non plus ici l’idée que l’émergence de nouvelles formes de commerce, d’échanges ou de travail devrait obérer l’exercice d’activités plus traditionnelles – ce que l’on appelle généralement l’économie réelle – en leur opposant une concurrence qui ne serait pas équitable ou égale. Certains exemples connus nous le rappellent : je fais allusion à Uber ou à Airbnb. Lorsque l’on rencontre des artisans et des commerçants, les hôteliers-restaurateurs par exemple, ce sont des questions qu’ils nous posent à raison.» Toutefois, Christian Eckert n’a pas contesté les chiffres de Dominique Tian, qui revient sur l’avenir de la sécurité sociale dans l’entretien qu’il nous a accordé.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelles sont les raisons du déficit croissant de la sécurité sociale ?
Dominique Tian : C’est très simple. Contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, on n’a jamais eu en France le courage de faire des réformes structurelles. Le poste le plus dépensier, c’est évidemment l’hôpital public qui cumule plus de 30 milliards de déficits et il y a même quatre ou cinq CHU qui représentent 80 % de la dette. Incontestablement, l’État n’a jamais pris la peine de faire la réforme hospitalière qui s’impose et, à cela, s’ajoute un gaspillage extraordinaire qui va s’accentuer avec la mise en place du tiers payant, donc une déresponsabilisation totale des utilisateurs. Il y a aussi la fraude, qui représente plusieurs milliards. C’est une maladie tout à fait française, puisque nous battons les records de faux arrêts de travail, notamment dans la fonction publique d’Etat ou territoriale. Visiblement, rien n’est fait pour tenter de réfréner tout cela.