Le parlementaire demande aux candidats à l’Élysée de prendre position sur la question de la Turquie

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

François Rochebloine, député UDI de la Loire : « On peut reprocher un certain nombre de choses à Nicolas Sarkozy, mais actuellement j’ai l’impression d’assister à un lynchage à l’égard de sa personne. »

François Rochebloine estime que « le piège turc est en train de se refermer sur l’Europe ». C’est ce qu’il a déclaré la semaine dernière à l’Assemblée nationale, en évoquant l’accord qui permettra bientôt aux citoyens turcs d’entrer en Europe sans visa, notamment en contrepartie d’un effort de la Turquie sur la surveillance des frontières et la gestion des camps de migrants financés par l’Union européenne. Le député UDI de la Loire s’est adressé au Premier ministre, Manuel Valls, en lui disant : « Vous devez maintenant sortir de l’ambiguïté dans laquelle vous vous êtes confortablement réfugié depuis la crise migratoire. Vous devez aujourd’hui répondre de cet accord inacceptable passé avec la Turquie et de ses conséquences, ce que vous avez refusé de faire lorsque nous vous avons demandé d’en débattre ici, à l’Assemblée nationale.

Allez-vous, oui ou non, exempter les ressortissants turcs de visas ? Allez-vous, oui ou non, verser à la Turquie l’aide financière prévue par l’accord ? » Harlem Désir, secrétaire d’État aux Affaires européennes, a confirmé que les promesses seraient tenues, mais qu’avant d’obtenir une libéralisation des visas, les autorités turques doivent modifier 72 critères, dont une loi sur le terrorisme : «Il n’y aura pas de libéralisation des visas si les critères ne sont pas remplis. » François Rochebloine demande aux candidats à l’Élysée de s’exprimer clairement sur la question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et il explique pourquoi il a décidé d’apporter son soutien à Nicolas Sarkozy.


L’Hebdo-Bourseplus : Pour quelles raisons reprochez-vous au gouvernement de jouer un double jeu sur la question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?

François Rochebloine : Ce que je reproche au gouvernement, c’est que l’on continue de laisser entrevoir de faux espoirs à la Turquie, puisqu’on lui répond chaque fois : « Pas cette fois-ci ! ». Ce n’est pas la première fois que j’interviens sur ce sujet à l’Assemblée nationale et on nous précise toujours que, de toute façon, il y aura un référendum. Mais on sait très bien ce que sera le résultat de ce référendum, puisque plus personne en France n’est pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Alors, d’un côté, on travaille sur des chapitres tout en sachant très bien que rien ne se fera, puisque l’on sait très bien que les Français ne veulent pas de l’entrée de la Turquie... Finalement, on trompe tout le monde, y compris les Français, puisqu’on leur dit qu’ils n’ont rien à craindre et qu’ils auront le dernier mot mais, en même temps, on continue les discussions. En face, on prend les Turcs pour des imbéciles en leur laissant miroiter une possibilité. Je crois d’ailleurs que les Turcs n’y croient même plus !


Mais les Turcs sont-ils encore intéressés à l’idée d’entrer dans l’Union européenne ?

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