"J’étais pas au courant qu’c’était des terroristes !"
LITTÉRATURE
Philippe Herlin est un économiste réputé qui a écrit de nombreux ouvrages sur la dette ou l’uberisation des banques. Or, c’est dans un domaine où on ne l’attendait pas forcément qu’il vient de publier un essai décapant, ironiquement intitulé : « J’étais pas au courant qu’c’était des terroristes ! ». Une phrase qui fait évidemment référence aux protestations de Jawad Bendaoud, surnommé «le logeur». Celui des terroristes du Bataclan et du Stade de France.
Philippe Herlin revient sur sa démarche : « J’ai voulu écrire ce livre après les attentats du 13 novembre car j’avais envie d’aller au-delà de l’émotion et de poser les choses par rapport à la question de l’islam et du terrorisme. J’ai lu de très nombreux ouvrages sur l’islam et je souhaitais faire le point là-dessus. Comme je n’avais pas envie d’écrire quelque chose de rébarbatif, j’ai pris un angle plutôt sarcastique, puisque le titre du livre fait référence à la fameuse scène que l’on a vue à la télévision : la police arrive à localiser le lieu où se trouve une partie de l’équipe qui a commis ces crimes, à Saint-Denis. On voit arriver le dénommé Jawad, qui reconnaît avoir logé ces terroristes et qui dit : « J’étais pas au courant qu’c’était des terroristes… » Immédiatement, il est apparu comme un menteur... Il n’était absolument pas crédible et il a été copieusement moqué sur les réseaux sociaux. J’étais vraiment intéressé par la réaction des gens à la suite de cet événement. »
Pour Philippe Herlin, l’attitude de Bendaoud devant les caméras est tristement emblématique d’un islam qui justifie le mensonge par la taqiya : « En Occident, nous sommes formés par une culture rationaliste, héritée de la Grèce antique, et nous avons une vision binaire d’un énoncé. Dans l’islam, un énoncé peut être vrai ou faux, cela dépend du cas de figure, si l’on est en position de force ou non... Cela dépend aussi de la personne à laquelle on s’adresse, il y a une infinie variation de manipulations et de mensonges. Il est important de comprendre que la taqiya est recommandée dans les textes de l’islam pour se défendre. C’est quelque chose qui est complètement à l’opposé de notre culture chrétienne, qui est parsemée de saints qui ont préféré mourir plutôt que d’abjurer leur foi. Dans l’islam, ce n’est pas du tout cela, puisqu’il est recommandé de mentir en situation de faiblesse. »
Le livre évoque la question de fond, l’islam et l’islamisme, la nécessaire distinction à opérer entre les deux, mais aussi les connexions à pointer : « Je fais la distinction entre les musulmans et les islamistes, mais je démontre que les islamistes représentent à peu près la moitié des musulmans : c’est-à-dire beaucoup plus que ce que pensent les gens. Les islamistes sont ceux qui appliquent les textes de la loi coranique sans aucune distance et les musulmans que l’on peut qualifier de modérés - c’est-à-dire ceux qui partagent les valeurs de notre civilisation - sont des gens qui ont pris une distance par rapport aux textes. Il est important de comprendre qu’il y a beaucoup d’islamistes qui ne vont pas s’afficher comme tels au premier abord. J’arrive à ce chiffre de la moitié en partant du vote de la communauté tunisienne en France lors des élections législatives de 2011 et de 2014 : 30 % des Tunisiens de France ont voté pour les islamistes. Or, les Tunisiens sont le peuple musulman le plus tolérant... Ce qui signifie que le chiffre est supérieur pour tous les autres musulmans. Tout cela a été confirmé par l’enquête récente de l’institut Montaigne, qui a déterminé qu’environ un quart des musulmans en France sont en rupture de la société et qu’ils utilisent l’islam comme une arme de rébellion par rapport à notre civilisation. Ce sont explicitement des islamistes. Il y a aussi un quart des musulmans qui accordent une grande importance à la charia, mais qui déclarent respecter les lois de la République. Pour moi, c’est clairement de la taqiya car, quand on respecte la charia, c’est que l’on est réellement islamiste, sans l’exposer forcément dans la vie publique. En additionnant les deux, on arrive à la moitié des musulmans qui sont des islamistes ! Il y a d’ailleurs d’autres sondages qui recoupent tout cela. »
L’inquiétant constat est posé, alors, que faire face à cette situation ? Philippe Herlin a son idée : « La seule solution, c’est l’expulsion. Si l’on partage nos valeurs, alors on peut rester. Mais si l’on est en rupture, alors c’est l’expulsion dans le pays d’origine. Pour moi, c’est la seule façon de régler le problème islamiste en France. Évidemment, cela ne règle pas le cas des convertis mais, si l’on règle déjà cela, ce sera un grand pas et, en plus, il y aura moins de conversions. » Il rappelle que ce sujet sensible s’inscrit au cœur des préoccupations des Français : « L’affaire du burkini peut paraître anecdotique, mais c’est pour moi un élément qui a suscité une réaction forte des Français. Tout le monde a été conscient du problème et, dans les sondages, 80% des Français étaient opposés au burkini. »
L’auteur estime que c’est en France que, finalement, tout se jouera : « La France est un pays central, car c’est en France que la communauté musulmane est la plus importante, il ne faut pas aller chercher plus loin. En plus, il y a des relations anciennes entre la France et les pays musulmans, tout cela nous met en première ligne par rapport à tous les défis que l’islamisme pose à l’Occident. »
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.