Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Le grand écart des taux inquiète les marchés

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Comme le montre le graphique du « Vix » (le Volatility Index du SP500), la nervosité s’accroît à nouveau sur les marchés boursiers, tout en restant nettement en dessous de son pic précédent de fin juin à 27,70 points. Cela traduit des changements notables dans l’environnement général parfois contradictoires, avec des taux longs sous pression haussière, un marché pétrolier à ses plus hauts annuels, l’or qui repart à la baisse en cassant ses supports majeurs et surtout, l’Eurodollar qui repart nettement à la baisse ! A l’origine, c’est surtout le décalage entre les cycles économiques de part et d’autre de l’océan Atlantique qui crée des tensions sur les taux et par conséquence immédiate sur la paire Eur/Usd. La Réserve Fédérale est de plus en plus proche d’une décision de relèvement de ses taux en raison d’une croissance économique solide et une inflation en hausse continue bien qu’en dessous de ses objectifs de 2%. La proximité des élections joue probablement un rôle important dans le status-quo actuel, mais la hausse paraît d’ores et déjà actée. Sur le marché monétaire, l’eurodollar l’a d’ailleurs déjà « pricé » en cassant nettement à la baisse sa zone de soutien intermédiaire de 1,1070 (voir par ailleurs l’analyse spécifique sur ce marché).

Sur le vieux continent, on continue à désespérer de ne pas voir la croissance revenir, mais c’est une punition largement méritée. Quand il fallait réformer en France par exemple, on a plutôt cherché à gagner du temps et à user d’artifices pour faire apparaître des chiffres présentables à Bruxelles. Aujourd’hui encore, on reste dans cette même logique de camouflage et de perte de temps face aux impératifs de refonte du système socio-économique. La punition est donc appelée à durer longtemps ! Heureusement qu’il y a la composante issue des effets d’entraînement qui nous vient d’outre-Atlantique, notamment sur le plan des flux financiers. Là-bas, les gens gagnent beaucoup d’argent et ils leur reste beaucoup d’argent après impôts, taxes et charges sociales. Ils leur reste même de quoi diversifier en investissant les surplus à l’étranger dont une partie en France. Le Cac 40 n’a guère plus pour soutien que les capitaux étrangers qui viennent s’y investir.

C’est encore plus vrai lorsque le dollar se renchérit contre l’euro comme c’est le cas actuellement. Si cette tendance se poursuivait, cela devrait donner un sacré coup de fouet aux valeurs Françaises d’ici la fin de l’année. Cela n’est pas pour autant dénué de risques car les taux longs de ce côté-ci de l’Atlantique pourraient par la même occasion remonter fortement, ce qui à son tour, pourrait refroidir brutalement les ardeurs des acheteurs. La clé résiderait donc dans la capacité du marché obligataire à se replier dans le rang, sans incidents. Techniquement, l’indice Cac 40 reste pour le moment très hésitant à s’attaquer à sa zone de résistance majeure à long terme située entre 4.500 et 4.700 points. A la baisse, les supports les plus significatifs sont à 4.400 points puis 4.320 points.

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