Clinton ou Trump, l’Amérique reste "number One".

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 7 octobre 2016 (numéro 861) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

Au début des années 2000, sous les deux mandats de George W. Bush, on a cru que l’hyperpuissance américaine était mise en danger, puisque l’on passait de crise en crise, de l’éclatement de la bulle Internet-télécoms à l’effondrement des subprimes, suivis de la faillite de Lehman Brothers, avec, cerise sur le gâteau, les faillites de Chrysler et de General Motors dans la vieille industrie. Chaque semestre ou presque, les Etats-Unis devaient augmenter le plafond légal de la dette publique, se trouvent dans un état assez calamiteux des infrastructures publiques, incapables de protéger une ville aussi importante que la Nouvelle Orléans lors du cyclone Katerina. Les Américains vont voter en novembre 2016. Ils vont renouveler les 100 % de la Chambre des représentants, un tiers des sénateurs, et devoir désigner un nouveau président puisque, légalement, un président des Etats-Unis ne peut se représenter pour un troisième mandat. Quelle est la situation de l’Amérique du Nord en général et des Etats-Unis en particulier en ce milieu des années 2010 ? Elle est tout sauf calamiteuse. Le système capitaliste a du ressort, cela s’est vu. Pourtant, sous les deux mandats de Barack Obama, au lieu de beaucoup d’Américains, le social a fait son retour, notamment avec la mise en place d’un système de protection sociale (à la française), qui est assez onéreux, et qui commence à peser en ce qui concerne les coûts sur l’exercice fiscal qui s’est terminé ce vendredi 30 septembre. 

 

Notre monnaie, votre problème.

La situation budgétaire des Etats-Unis n’est pas pour autant désespérée, puisque les Etats-Unis émettent une monnaie qui est acceptée dans le monde entier sous la doctrine de l’administration Nixon « le dollar, c’est notre monnaie, c’est votre problème ». La Réserve fédérale américaine a ouvert le robinet à liquidités de façon forte avec des accélérations à plusieurs reprises, et, tout doucement, cherche à le refermer désormais. On est quand même dans un système de très abondantes liquidités, avec comme principal créancier de l’Etat fédéral l’institut d’émission, qui a racheté, sur le marché, beaucoup d’emprunts à échéance de deux, trois ou quatre ans. Cette facilité monétaire (quantitative easing), a durablement dopé les marchés financiers, puisque l’argent à très faible prix a permis des grosses opérations financières, des rachats d’actions en vue d’annulation par les entreprises, et a pu permettre également à des entreprises de plus petites dimensions de percer, tout en bénéficiant de la manne liée au gaz et au pétrole de schiste qui ont durablement fait abaisser les coûts énergétiques pour la partie industrielle des Etats-Unis, du Mexique et du Canada.

En Amérique du Nord, et plus particulièrement aux Etats-Unis, il n’y a pas de politique à court terme, mais il y a un axe fort de l’administration américaine, qui vise le moyen et le long terme. C’est vérifié. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, issu du Texas, le président Bush, en début d’année 2001, a constaté que les Etats-Unis étaient fortement dépendants du pétrole importé, notamment d’une zone instable, le Moyen-Orient, ou de certains ennemis de l’Amérique, comme la Libye, l’Iran, le Venezuela… Du coup, il a donné toutes les autorisations de développement possible à l’industrie pétrolière, qu’il s’agisse de recherche dans le grand Nord au large des cotes de l’Alaska, ou qu’il s’agisse de nouveaux puits de pétrole, non-traditionnels, dans les gisements de schiste, les fameux pétroles et gaz de schiste. La mobilisation de cet argent vers la recherche d’énergie a débouché, au début des années 2010, sur d’abord une autosuffisance des Etats-Unis en ce qui concerne l’énergie, puis, désormais, sur une surcapacité, qui n’est pas pour rien dans la baisse des prix du pétrole que l’on a constatée à partir du milieu de l’année 2014.

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