Tarkett : de la moquette bien épaisse, des revêtements qui ne glissent pas en Bourse.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 30 septembre 2016 (numéro 860) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!

La société Tarkett est, sinon le numéro un mondial, du moins parmi les leaders mondiaux pour ce qui concerne le développement, la fabrication et la commercialisation de revêtements de sols et de surfaces qui peuvent être destinés soit aux professionnels soit à l’aménagement des résidences de particuliers. Parquets, stratifiés, moquettes, sols vinyles, sols PVC conducteur, sols PVC antidérapant, la clientèle de Tarkett est très diverse, qu’il s’agisse des écoles, des immeubles résidentiels, des hôpitaux, des commerces, et il y a, outre les revêtements de sols, qui représentent environ 84 % du chiffre d’affaires, une partie surfaces sportives qui est destinée davantage aux professionnels et aux collectivités locales, dans l’aménagement de salles. Mine de rien, c’est une affaire qui roule.

Entreprise internationale, elle fut pendant assez longtemps avec une part minoritaire de la famille Deconinck, et une part majoritaire du fonds KKR International, qui a décidé de concrétiser son profit, ce qui a permis, outre une introduction en Bourse fin 2013, et donc l’arrivée de minoritaires dans ce qui fut longtemps le groupe Sommer Allibert, la remontée de 50% à légèrement plus de 50 % de la famille. La société d’investissement Deconinck détient désormais 50,18 % du capital. 


Touché par la crise russo-ukrainienne.

Dans les comptes de 2014, du fait de la crise russo-ukrainienne, il y a eu un recul du chiffre d’affaires, du résultat opérationnel et, bien évidemment, du résultat net. Du coup, on a pu entrer dans le capital (une étude publiée dans l’Hebdo Bourse Plus), à moins de 20 euros, profitant d’un trou d’air. Les comptes de 2015 ont permis de constater que l’entreprise fonctionnait très bien, et qu’elle était en pleine capacité de poursuivre, tel un métronome, sa montée en puissance. Il y a eu un chiffre d’affaires de 2,088 milliards en 2011 suivi de 2,318 milliards en 2012 et de 2,516 milliards en 2013, dernier exercice avant l’introduction boursière. Le résultat opérationnel est passé de 91,3 millions à 151,3 puis 180,9 millions, le résultat net frôlait en 2013 les 100 millions d’euros. Patatras ! La crise russo-ukrainienne, consécutive à l’annexion de la Crimée en 2014 par la Russie, a amené une baisse importante de l’activité dans cette partie du monde, avec, de surcroît, l’impact de l’effondrement tant de la monnaie ukrainienne que du rouble russe. Du coup, le résultat opérationnel est tombé à 136,6 millions sur un chiffre d’affaires de 2,414 milliards, le résultat net, pour sa part, tombant à 61,2 millions pour ce qui concerne la part du groupe. La société Tarkett a repris sa marche en avant dès 2015, avec un chiffre d’affaires record (2,715 milliards), un résultat opérationnel en hausse (164,6 millions d’euros), et un résultat net qui tutoie de nouveau les meilleures années, avec 83,2 millions (part du groupe).


KKR est presque totalement sorti, désormais.

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